Qays Abu Samra
01 Juin 2018•Mise à jour: 01 Juin 2018
AA/ Ramallah
Des milliers de Palestiniens ont commencé à affluer dans la ville sainte de Jérusalem pour prier à la mosquée Al Aqsa, en ce troisième vendredi du mois Ramadan, en dépit des mesures sécuritaires israéliennes renforcées.
Selon le correspondant d’Anadolu en Cisjordanie, des mouvements ont été observés dès l’aube, au niveau des barrières militaires entre la Cisjordanie et la ville de Jérusalem.
Les autorités israéliennes autorisent les femmes de tous âges à entrer dans la ville, tandis que les hommes de moins de 40 ans sont empêchés d'entrer, a noté le correspondant.
Le checkpoint de Qalandiya, qui sépare les villes de Ramallah et de Jérusalem, a connu d’importants problèmes du côté réservé aux hommes.
Ayad Kamil, un Palestinien de 36 ans, a déclaré à Anadolu qu'il lui était interdit d'entrer dans la ville pour les prières du vendredi.
"Ils parlent de facilités accordées aux fidèles, où sont-elles?, Il nous est interdit de prier et ils nous demandent des autorisations spéciales, alors que la plupart des demandes sont rejetées par les autorités israéliennes pour des prétextes sécuritaires".
"L’occupation cherche à contrôler la ville par tous les moyens, mais nous y sommes attachés, et nous y prierons en dépit des barrières militaires."
Au poste de contrôle militaire, un soldat israélien a demandé aux Palestiniens de quitter les lieux. Un jeune homme d’une vingtaine d’années lui a rétorqué: «Vos barrières ne nous empêcheront pas d’accéder à la mosquée Al-Aqsa ».
"Il y a d'autres moyens de parvenir à Jérusalem, en escaladant le mur de séparation", a-t-il dit ultérieurement à Anadolu.
Dans la ville voisine d’al-Ram, des dizaines de jeunes escaladent le mur de séparation avec des échelles en bois pour passer de l'autre côté.
"D'ici, nous pouvons atteindre Jérusalem en dépit de l'armée israélienne", a déclaré l'un d'eux avant son départ.
« La ville de Jérusalem est palestinienne et islamique et le restera, en dépit des mesures militaires israéliennes, de la colonisation, et du transfert des ambassades de pays occidentaux ».
Et d’ajouter : "Nous y tenons, et c’est nous qui décideront de son sort. Cette occupation est vouée à disparaître".
Les jeunes Palestiniens qui escaladent le mur sont pourchassés par les militaires israéliens, encourant en outre les risques de chutes, de blessures, et de fractures.
Le 6 décembre 2017, le président américain Donald Trump a annoncé que son pays reconnaissait Jérusalem comme étant la capitale d'Israël.
Les États-Unis ont ouvert leur ambassade à Jérusalem le 14 mai dernier, suivis deux jours plus tard du Guatemala puis du Paraguay.
Les Palestiniens, les pays arabes et islamiques et la grande majorité des pays du monde ont condamné le transfert des ambassades à Jérusalem, considérée par la communauté internationale comme une ville occupée.