Mona Saanouni
25 Septembre 2017•Mise à jour: 26 Septembre 2017
AA/Irak/Hussein Amir
Les forces de sécurité dans la province de Kirkouk (Nord de l’Irak) ont interdit, lundi soir, la circulation de toutes sortes de véhicules (voitures, motos, etc) par crainte de violations sécuritaires au milieu de l’escalade de la tension en raison de la tenue du référendum de sécession, selon la Direction de la police et une source militaire.
Malgré un refus local et international, les centres de vote ont ouvert leurs portes dans la province, lundi, pour tenir le référendum de sécession du District Kurde (Nord), au cœur de mesures sécuritaires intenses.
La Direction de police de la province a indiqué, dans un court communiqué, que l’interdiction de la circulation a été appliquée sur ordre du gouverneur Najm al-Dine Karim, sans fournir de détails concernant les causes de cette interdiction dans la province riche en pétrole, et contestée entre le gouvernement fédéral à Bagdad et le gouvernement du district à Erbil.
Le capitaine de Peshmergas, Kamran Mahmoud, a déclaré à Anadolu que «les forces de la police locale et les forces d'Asayish (forces sécuritaires relevant du district) ainsi que les Peshmergas, ont interdit la circulation des véhicules, lundi, dans la province de Kirkouk. Cette décision pourrait s’étendre jusqu’à demain, en cas où aucune infraction sécuritaire ne soit enregistrée, en raison de la tenue du référendum dans la province».
«Les forces sécuritaires à Kirkouk se sont largement déployées dans toutes les régions, et ont commencé à appliquer l’interdiction, afin d’éviter toute sorte d’escalade de la part de toute partie, compte tenu de l’aggravation de la situation politique dans la province», a-t-il ajouté.
En plus de la province de Kirkouk, le référendum comprend également Erbil, Sulaymaniyah et Dohuk, ainsi que dans des zones contestées entre le gouvernement fédéral à Bagdad et le District kurde.
Les zones disputées comprennent la province de Kirkouk et certaines parties des provinces de Ninive, Salahuddin (nord) et Diyala (est).
Le Premier ministre irakien, Haïdar al-abadi, avait déclaré, hier dimanche, que son gouvernement prendra «des mesures» (qu’il n’a pas identifiées) afin de préserver l’unité du pays, contre le référendum que revendiquent les dirigeants du District autonome depuis 1991.
Le gouvernement irakien rejette le référendum, le considère incompatible avec la constitution de 2005 et nuisible aux intérêts politiques, économiques et nationaux des kurdes.
La Turquie, les États-Unis, l'Iran et l'ONU ont exprimé leur refus du référendum, soutenant qu’il est susceptible de déstabiliser davantage la région, et de détourner les efforts déployés dans la lutte contre Daech.