AA/New York
Le verdict émis par un tribunal du Caire condamnant l’ex-président égyptien élu démocratiquement, Mohamed Morsi, à 20 ans de prison ferme, n’est pas conforme aux principes de justice, a déclaré, mardi, Human Rights Watch (HRW).
Mohamed Morsi a été reconnu coupable, ainsi que douze autres accusés, d’incitation au meurtre de manifestants durant des affrontements, en décembre 2012, entre ses partisans et des opposants devant le Palais présidentiel d’al-Ittihadiya, au Caire.
«Il est dérangeant que Morsi et ses principaux collaborateurs aient pu être au courant des interrogatoires et des abus à l’encontre des manifestants devant les portes de son palais présidentiel, mais les procureurs ont échoué à présenter une quelconque preuve que Morsi ait pu planifier les affrontements ou les abus» a déclaré, à l’Agence Anadolu (AA), la directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch, Sarah Leah Whitson.
«Le manque de preuves, aggravé par de graves violations des procédures régulières, ainsi que l’échec unilatéral à enquêter sur ceux qui ont tué les partisans de Morsi, fait de l’affaire contre l’ancien président une injustice» a ajouté Whitson.
Le verdict, rendu mardi et pouvant encore faire l’objet d’un appel, est le premier à être émis contre Morsi depuis sa destitution et sa détention par l’armée, en juillet 2013, à la suite de manifestations populaires d’envergure dans tout le pays.