AA/Conakry/Boussouriou Bah
L’opposition guinéenne a annoncé, mercredi, la tenue d’ « un meeting géant » le 7 janvier prochain pour évoquer la situation socio-politique du pays, et principalement la gestion du processus électorale de 2015, selon le porte-parole de l’opposition, Aboubacar Sylla.
Ces dernières semaines, l’opposition composée, entre autres, de l’Union des Forces du Changement (UFC), de l'Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) et des Nouvelles Forces Démocratiques (NFD), avait présenté plusieurs revendications au gouvernement d’Alpha Condé concernant les consultations électorales, tout en menaçant de reprendre les manifestations de rue si ces différentes revendications n’étaient pas prises en compte.
« Nous allons tenir un meeting d’information et de sensibilisation de nos militants, sympathisants et toute la population guinéenne sur les enjeux de la gouvernance actuelle, ses dérives et les moyens pour la Guinée de sortir de l’ornière, le mercredi 7 janvier 2015 », a ainsi fait savoir Sylla, également député au sein de l'UFC.
L’opposition a également mentionné qu’elle était contre l’idée d’élections couplées (présidentielles et communales) en 2015.
« Il n’est pas question d’aller à l’élection présidentielle avec des administrateurs territoriaux nommés qui n’ont pas la légitimité populaire puisqu’ils ne sont pas élus », a d'ailleurs justifié le porte-parole.
Parmi les revendications de l’opposition: la réforme de la Commission Nationale Indépendantes (CENI) : « il faut une réforme sans ambigüité et il faut que la Céni se conforme aux lois qui la fondent », a déclaré Sylla.
L'opposition reproche à la Céni de ne plus « refléter le paysage politique. »
« Le principe de parité n’est plus respecté entre pouvoir et opposition. D’où, la nécessité de reformer cette institution », indique le communiqué de l'Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré.
L’opposition exige aussi « les poursuites judiciaires des auteurs et commanditaires des actes de violences qui ont émaillé les différentes manifestations politiques de l’opposition ainsi que le paiement des indemnités aux victimes des manifestations », a ajouté Sylla.
Le député a néanmoins fait savoir que l’opposition va écrire au Garde des Sceaux, Cheikh Sacko, pour lui confirmer sa volonté de renouer avec le dialogue.
Aucune réaction officielle du gouvernement n'a été enregistrée jusqu'à mercredi soir concernant ce rassemblement mais Alpha Condé, qui achève son premier mandat présidentiel en 2015, avait déclaré, le 26 novembre dernier, qu'il n'acceptera pas de manifestations, de n'importe quel bord politique qu'elle soit, dans un pays où le virus Ebola continue de se propager.