Mariem Njeh
18 Juillet 2026•Mise à jour: 18 Juillet 2026
Le député Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise, LFI) a critiqué, samedi, l'annonce d'un rapprochement stratégique entre la France et l'Allemagne en matière de dissuasion nucléaire, affirmant que les engagements pris par le président français Emmanuel Macron "n'engagent que lui".
"Les engagements de Macron avec l'Allemagne n'engagent que lui. Si nous gagnons en 2027, tout sera revu de A jusqu'à Z", a écrit le candidat de La France insoumise à l'élection présidentielle de 2027 sur le réseau social américain X.
Mélenchon a estimé que "la volonté allemande de créer la première armée conventionnelle d'Europe et la présence sur son sol des armes nucléaires USA soulèvent de graves problèmes de sécurité de voisinage".
"Un commandement partagé du nucléaire français serait absolument inacceptable", a-t-il ajouté, dénonçant "une fois de plus" une absence d'information et de consultation du Parlement français sur ce dossier.
Un rapprochement nucléaire franco-allemand
Les propos de Jean-Luc Mélenchon font suite à l'annonce, vendredi à Bruhl, d'un approfondissement de la coopération stratégique entre Paris et Berlin en matière de dissuasion nucléaire.
À l'issue d'un Conseil des ministres franco-allemand, le chancelier Friedrich Merz a annoncé la création d'un "groupe de pilotage nucléaire" (Nuclear Steering Group) chargé d'élaborer une nouvelle doctrine commune. "Nous nous engageons dans une nouvelle voie commune en matière de dissuasion", a déclaré le chancelier allemand, précisant qu'un "mélange de capacités" était à l'étude pour renforcer la dissuasion conjointe.
Merz a annoncé que des soldats allemands participeraient, plus tard dans l'année, à un exercice nucléaire conduit par les forces armées françaises - une première pour la Bundeswehr. Des militaires allemands et français ont par ailleurs procédé, vendredi matin, à une opération de maintenance conjointe sur des Rafale à la base aérienne de Norvenich.
Le chancelier a toutefois insisté sur le fait que cette coopération ne visait pas à se substituer au parapluie nucléaire de l'OTAN. "Cela complète notre engagement envers les dispositifs de partage nucléaire et de dissuasion de l'OTAN, que nous continuons de soutenir", a-t-il précisé.
Merz a rappelé que l'ancien président français Charles de Gaulle avait proposé, dans les années 1960, d'étendre la dissuasion nucléaire française au territoire allemand, une offre que l'allemagne n'avait pas acceptée à l'époque. Selon lui, l'environnement sécuritaire actuel appelle une réponse différente.