Hatem Kattou
17 Août 2017•Mise à jour: 17 Août 2017
AA / Paris / Patrick Juillard
Emmanuel Macron à l’Olympique de Marseille. La nouvelle a fait la Une des journaux français en ce mardi 15 août. A l’heure où de nombreux Français profitaient de l’Assomption pour faire une escapade loin de leur lieu de résidence, le président de la République, en vacances dans la cité phocéenne, s’offrait une visite à l’entraînement de son équipe préférée, au lendemain du dépôt d’une plainte contre un photographe de l’hebdomadaire VSD pour « violation de domicile et atteinte à la vie privée ».
Rien n’aura manqué à la médiatisation très contrôlée d’un rendez-vous initialement tenu secret : le « selfie » du chef de l’Etat, barbe de trois jours et maillot de l’OM sur les épaules, avec l’un des joueurs du club (en l’occurrence le défenseur et milieu de terrain Grégory Sertic), publié sur Instagram après l’accord du service de communication de l’Elysée, la participation à l’entraînement crampons au pied et les quelques photos finales, en compagnie de l’entraîneur Rudi Garcia puis de Bouba Kamara, jeune défenseur issu du centre de formation marseillais.
Enfin, l’onction du patron des lieux, Jacques-Henri Eyraud. En une série de tweets illustrés de photos, le président de l’OM a dit sa « fierté » et remercié son homologue Emmanuel Macron « pour cette superbe journée à Marseille », qui laissera « beaucoup de bons souvenirs ».
Dans la torpeur du 15 août, cette visite n’aura pas déchaîné grande réaction. Emmanuel Macron, qui n’a jamais fait mystère de son soutien inconditionnel à l’Olympique de Marseille, s’est certes vu reprocher par certains une atteinte au principe de neutralité supposé dicter les actes d’un chef de l’Etat.
L’intéressé ne l’avait-il pas lui-même mis en avant le 13 juin dernier ? Ce jour-là, Emmanuel Macron, descendu dans le vestiaire de l’équipe de France après sa victoire sur l’Angleterre en amical (3-2), s’était vu interpeller par Dimitri Payet. « Enfin un président qui supporte une vraie équipe », l’avait félicité le milieu offensif des Bleus et de l’OM. « Je ne veux pas de problèmes avec tous les autres… », lui avait répondu le chef de l’Etat, mi amusé, mi gêné.
Deux mois auront donc suffi à ce que ces « pudeurs de gazelle » s’envolent. Entre temps, la cote de popularité d’Emmanuel Macron a piqué du nez. A l’issue de ses cent premiers jours de pouvoir, le président ne rassemble plus que 36 % d'opinions favorables, selon une enquête de l’institut Ifop pour Le Figaro.
Passer ses vacances dans la cité populaire de Marseille, et non dans un lieu plus « bling-bling » vise à donner l’image d’un président proche de ses administrés. D'après Bernard Tapie, directeur du journal La Provence, ancien ministre et ancien président emblématique de l'Olympique de Marseille, ce choix est aussi dicté par l'affection portée par le président de la République à la cité phocéenne. « Cette affection, dit-il, elle date des grandes années de l'OM ».
Si la visite impromptue au centre d’entraînement du club marseillais est donc à replacer dans ce contexte, elle n’en est pas moins critiquée par l’opposition. « Après Macron sous-marinier, boxeur, aviateur, voilà Macron footballeur. Il faudrait peut-être penser à commander la tenue Macron Président », a par exemple tweeté, sarcastique, le député Les Républicains (droite) des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, lassé de voir le chef de l’Etat se déguiser en fonction de ses déplacements «de terrain».