Bilal Müftüoğlu
06 Décembre 2016•Mise à jour: 06 Décembre 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le Premier ministre français Manuel Valls a annoncé, lundi, la démission de ses fonctions pour se déclarer candidat à l'élection présidentielle de 2017.
Dans un discours prononcé à Evry (région parisienne), son fief électoral, Valls a confirmé son intention de se lancer dans la course présidentielle quatre jours après le renoncement du président français François Hollande de se déclarer candidat à sa propre succession.
S'exprimant derrière l'estrade sur laquelle est inscrite "Faire gagner tout ce qui nous rassemble", en guise de nom de campagne non-officiel, Valls a déclaré avoir la force en lui pour mener sa candidature.
"J'ai cette force en moi, cette volonté de servir mon pays, c'est au-delà des mots. C’est un conviction totale, je veux tout donner pour la France qui m’a tant donné", a-t-il déclaré.
Evoquant des "responsabilités immenses et intenses" qu'il a eues en tant que Premier ministre pour la protection des Français, la compétitivité et le modèle social français, Valls a souligné sa nouvelle responsabilité en tant que candidat, celle de rassembler la gauche dans le cadre de l'élection présidentielle.
Valls, qui quittera ses fonctions "dès demain", a soutenu sa candidature comme un projet qui permettrait à la France de "peser de tout son poids dans un monde qui n’a plus rien à voir avec ce qu’il était : terrorisme, réchauffement climatique, poussée de l'extrême droite".
Le Premier ministre s'en encore pris par la suite à la droite et à son candidat à la présidentielle, François Fillon, dénonçant "ses vieilles recettes des années 80" et sa campagne qui serait "un recul social généralisé".
"Je ne veux pas que les fonctionnaires travaillent plus pour gagner moins, je ne veux pas que les déremboursements massifs de médicaments empêchent de se soigner, que nos enfants aient moins de professeurs, qu’il y ait moins de policiers et de gendarmes dans nos campagnes. Je ne veux pas que l’on casse notre sécurité sociale, que nos aînés aient moins de protection", a-t-il ainsi noté.
Le Premier ministre est ainsi devenu la 2ème figure politique à officialiser sa candidature à la primaire de la gauche qui sera organisée les 22 et 29 janvier prochain.
Seul l'ancien ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait déposé sa candidature, jeudi dernier, alors que celles d'autres personnalités, comme Benoît Hamon ou Gérard Filoche, sont attendues dans les jours qui suivent.
D'autres personnalités politiques de la gauche comme Jean-Luc Mélenchon, député européen et fondateur du Parti de gauche (PG), ou l'ancien ministre de l'Economie dans le gouvernement Valls, Emmanuel Macron, ont fait le choix de se porter candidats à la présidentielle sans passer par la primaire.
Ce choix qui dispersera les voix de la gauche pourrait hypothéquer ses chances de l'emporter en 2017, d'après des observateurs de la vie politique française qui invoquent, devant la montée de l'extrême droite, une reproduction possible du scénario de 2002.
Lors de cette élection présidentielle, le Premier ministre Lionel Jospin avait été éliminé dès le premier tour, à la surprise générale, alors que le deuxième tour avait vu s'affronter le président sortant Jacques Chirac et le fondateur du Front national (FN), Jean Marie Le Pen.