AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le Premier ministre français Manuel Valls a annoncé que 3 000 personnes seront surveillées dans le cadre de la lutte antiterroriste.
Valls, accompagné de certains membres de son gouvernement, a commenté les nouvelles mesures en vue de combattre la menace terroriste en France, mercredi au Palais de l'Elysée à l'issue d'une réunion interministérielle.
''La première urgence, la première exigence, c'est de renforcer les moyens humains et techniques des renseignements", a insisté Valls. Le gouvernement français envisage ainsi de créer 1400 emplois dans les services de l'Intérieur, et 2680 nouveaux emplois au total dans les services régaliens de l'Etat, en vue de la lutte antiterroriste.
La France consacrera par ailleurs un budget de 425 millions d'euros dans les trois prochaines années pour contenir la menace terroriste. Elle augmentera aussi la surveillance des individus soupçonnés d'avoir des liens avec des organisations terroristes.
''Aujourd'hui, il faut surveiller près de 1 300 personnes, Français ou étrangers résidents en France, pour leur implication dans les filières terroristes en Syrie et en Irak. C'est une augmentation de 130 % en un an", a révélé Valls.
"A cela s'ajoutent 400 à 500 personnes relevant de filières plus anciennes ou concernant d'autres pays, ainsi que les principaux animateurs actifs dans la sphère cyber-djihadiste francophone, a-t-il poursuivi. En tout, ce sont près de 3 000 personnes à surveiller."
D'autre part, interrogé sur le rôle de la Turquie dans la lutte antiterroriste, le chef du gouvernement français a affirmé avoir une ''bonne'' coopération avec les services turcs. ''La Turquie est engagée'', a souligné de son côté, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.
Les attentats terroristes perpétrés entre le 7 et 9 janvier dans la capitale française avaient fait 17 victimes. Les frères Saïd et Chérif Kouachi avaient fait irruption dans le siège du journal satirique Charlie Hebdo et y avaient tué 12 personnes tandis que quatre personnes avaient péri lors de l'attaque visant une épicerie casher par Amedy Coulibaly. Ce dernier avait par ailleurs tué à la kalachnikov une agent de la police municipale au sud de Paris.