Güç Gönel,Ayvaz Çolakoğlu
15 Septembre 2017•Mise à jour: 17 Septembre 2017
AA - Istanbul - Ayvaz Colakoglu
Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan a déclaré au sujet du référendum sur la sécession du District du Nord de l'Irak, "Barzani comprendra mieux notre sensibilité sur cette question à l'issue du Conseil de Sécurité Nationale et du Conseil des ministres du 22 (septembre)".
Le chef de l'Etat a participé, vendredi, à une émission retransmise en direct sur plusieurs chaînes de télévisions turques depuis Istanbul. Il a été interrogé par les journalistes sur des sujets d'actualités au niveau national et international.
L'une des actualités les plus sensibles pour les autorités turques est, sans doute, la décision prise par Massoud Barzani d'organiser un référendum portant sur l'indépendance du District du Nord de l'Irak, prévu le 25 septembre prochain.
Interrogé sur la position de la Turquie à ce sujet et les marges de manoeuvre dont elle dispose, le président Erdogan a qualifié l'initiative "d'inintelligente".
"Je considère cela comme un manque d'intelligence et une sérieuse inexpérience politique. Une telle appréciation politique n'est pas possible", a t-il affirmé.
Erdogan a rappelé que la Turquie possède une frontière commune avec l'Irak de 350 km. Il a relevé que de nombreux arabes et turkmènes vivent dans la région concernée, soulignant qu'aucun Etat de la région n'acceptera la tenue d'un tel référendum.
"Barzani sait très bien ce que nous pensons à ce sujet. Ces déclarations sont, selon moi, erronées. Car il connait très bien notre sensibilité au sujet de l'unité territoriale de l'Irak. Et malgré tout, qu'il tente de mener une opération incluant la région spéciale de Kirkouk, je trouve cela vraiment incorrect" a t-il fait remarquer.
Le président turc a précisé que le Conseil de Sécurité Nationale, initialement prévu pour le 27 septembre a été avancé au 22 septembre afin de pouvoir marquer la position de la Turquie de façon ferme sur cette question.
"Barzani comprendra mieux notre sensibilité sur cette question à l'issue du Conseil de Sécurité Nationale et du Conseil des ministres du 22" a t-il lancé.
Une bataille juridique, qualifié de "politique" par les autorités turques, est actuellement engagée entre la Turquie et les Etats-Unis. La justice américaine a lancé plusieurs enquêtes et procédé à des interpellations visant des personnalités turques, la dernière en date est l'inculpation aux Etats-Unis de l'ancien ministre turc de l'Economie, Zafer Caglayan. Pour le président Erdogan, il s'agit là d'opérations menées par des membres de l'organisation terroriste FETO, auteur de la tentative de coup d'état du 15 juillet, présents sur le sol américain et qui tentent d'instrumentaliser la justice américaine avec de fausses allégations.
"On commence à voir quel genre d'organisation est à l'origine de la décision concernant Zafer et les dirigeants de Halkbankasi (banque turque). Les expressions utilisées par les membres de FETO (auteur de la tentative de coup d'état du 15 juillet) lors des enquêtes menées pendant la période du 17-25 décembre sont reprises à l'identique ici".
La Turquie a signé dernièrement un accord avec la Russie qui porte sur l'acquisition de système de défense S-400. Une situation à l'origine de nombreux remous et passe d'armes avec les Etats-Unis et d'autres pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), des critiques qu'Erdogan balaye d'un revers de la main, soutenant que les pays occidentaux, Etats-Unis compris, ont refusé de vendre un système équivalent à la Turquie.
"Des années auparavant, la Grèce a acquise des S-300. Des sanctions ont-elles été prises ? Non. Maintenant nous faisons le même genre d'accord avec ce même pays pour des S-400 et vous êtes dérangé. D'accord, mais avons-nous refusé de vous en prendre (des systèmes de défense) ? Est-ce que les pays de l'OTAN nous ont soutenu au sujets des missiles ? Non, nous en avons fait la demande mais ils ont refusé. Maintenant nous allons nous débrouiller par nous même" a t-il souligné.
Interrogé sur l'éventualité d'une opération militaire à Afrin en Syrie, le leader turc a déclaré : "En ce moment Afrin est un lieu important pour nous. Nous ne ferons pas de compromis avec Afrin. Il n'aura pas de corridor du terrorisme dans le Nord de la Syrie, il ne doit pas y en avoir. Ceux qui pensent que cette endroit peut être un corridor du terrorisme doivent savoir que la Turquie ne l'autorisera jamais. Nos forces armées n'autoriseront pas une telle chose. Toutes nos précautions et efforts diplomatiques sont menés dans ce sens".
La phase d'étude du méga-projet pharaonique, "Canal Istanbul", qui consiste en la construction d'un "deuxième détroit du Bosphore" en creusant un canal de 50 kilomètres entre la mer Noire et la mer de Marmara arrive bientôt à son terme a annoncé Erdogan.
"Le projet est dans les dernières phases, l'appel d'offres sera lancé. Je crois savoir que le gouvernement se prépare à l'appel d'offres. L'appel d'offre sera lancé et le nécessaire sera fait" a t-il conclu.