Çiğdem Alyanak,Ayvaz Çolakoğlu
25 Septembre 2017•Mise à jour: 26 Septembre 2017
AA - Istanbul - Ayvaz Colakoglu
Le président de la République de Turquie a déclaré, "Lorsque vous prenez en compte la situation dans laquelle se trouve l'Irak, la décision d'organiser un référendum prise par le District du Nord de l'Irak a de forts relents d'opportunisme".
Erdogan a prononcé un discours, lundi, à l'occasion de la conférence internationale de la Médiation (Ombudsman) tenue à Istanbul en Turquie.
L'un des sujets d'actualités les plus importantes pour la Turquie est le référendum pour l'indépendance du District du Nord de l'Irak qui se déroule aujourd'hui malgré toutes les pressions diplomatiques exercées sur Massoud Barzani, le leader de cette région autonome du Nord de l'Irak.
"L'Irak, en tant que société et Etat à besoin plus que jamais d'unité. En une telle période, les initiatives prises dans le sens d'une division ne sont pas acceptables. Nous respectons les droits à la sécurité et à une vie prospère de nos frères kurdes et nous avons toujours été, en ce sens, aux côtés des dirigeants du District du Nord de l'Irak. Nous l'avons soutenu alors qu'il rencontrait d'énormes difficultés. Mais nous respectons également les droits de nos frères arabes, Turkmènes, Yézidis et autres. Le Nord de l'Irak est le territoire de vie de l'ensemble des peuples de la région" a souligné Erdogan, réaffirmant l'opposition de la Turquie à la tenue du référendum.
"Personne ne doit attendre de nous qu'on ferme les yeux à l'instauration d'une zone de crise et de combats avec laquelle nous avons 350 km de frontière. Notre position est claire. Ce référendum, qui est contraire au droit en vigueur en Irak, est illégitime et sans valeur" a t-il lancé.
Pour le chef de l'Etat turc, cette initiative est le précurseur de nouvelles souffrances pour cette région déjà très instable.
"La tentative de prise de contrôle du Nord de l'Irak par un groupe, ne peut aboutir à autre chose que des combats, de nouvelles douleurs, de l'oppression et de nouveaux massacres" a-t-il affirmé.
Erdogan a très sérieusement mis en garde Massoud Barzani, parlant même de fermer les vannes du pétrole en provenance de la région qui transite en totalité par la Turquie.
"Nous prenons et prendrons les initiatives nécessaires dans les domaines économique, commercial et sécuritaire. les forces armées ne sont pas à Silopi (Sud-est) pour rien. Il n'y aura pas de concession. L'Iran est actuellement dans la même position. Nos forces aériennes sont dans la même situation, seuls les passages côté Irak sont autorisés, cette semaines d'autres précautions seront prises. Désormais, les entrées et sorties vont être fermées. Nous prendrons également d'autres précautions. Et avec tout ça, voyons comment le District du Nord de l'Irak va faire transiter son pétrole par quelle voie ? Nous détenons les robinets. Si nous fermons les robinets, tout s'arrête" a t-il menacé.
Le leader turc a insisté sur le fait que la Turquie n'autoriserait jamais la division de la Syrie ou de l'Irak.
"Nous allons prendre des mesures de façon déterminée. Le District du Nord de l'Irak doit faire marche arrière, c'est une obligation. D'ailleurs, l'Etat fédéral n'en veut pas, le Parlement (irakien) n'en veut pas. De la même manière nous n'autoriserons pas la création d'un Etat terroriste en Syrie. Le PYD et YPG voudraient constituer un Etat en Syrie... Tout cela n'est que songe". a t-il jugé.
Et Erdogan de conclure :
"Lorsque vous prenez en compte la situation dans laquelle se trouve l'Irak, la décision d'organiser un référendum prise par le District du Nord de l'Irak a de forts relents d'opportunisme".