İlkay Guder,Tuncay Çakmak
06 Septembre 2017•Mise à jour: 06 Septembre 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a appelé la Corée du Nord à mettre fin à ses activités qui font monter les tensions.
Le Chef de l’Etat s’exprimait, mercredi, lors de la réunion des présidents de sections et de régions du Parti de la Justice et du Développement (AK Parti), dont il est également le président.
Il s’est longuement exprimé sur les questions internationales qui dominent l’actualité du moment.
Erdogan est d’abord intervenu sur les tensions entre la Corée du Nord et la communauté internationale, notamment avec les Etats-Unis.
"Nous suivons de près les évolutions liées aux tests de fusées réalisées par la Corée du Nord. Notre plus grand souhait est que cette crise qui touche directement nos amis Japonais et Sud-coréens prenne fin au plus vite. Aucune partie ne peut sortir victorieuse d'un affrontement aux armes de destruction massive", a-t-il déclaré.
Il en a profité pour critiquer le comportement des grandes puissances militaires.
"D’ailleurs, ceux qui conseillent aux autres pays de ne pas développer des armes de destruction massive sont ceux-là même qui possèdent les plus puissantes. D’accord, ne développons pas de telles armes, mais qu’allons-nous faire des vôtres ?", a-t-il lancé.
Le Président turc a également lancé un appel en direction de Pyongyang :
"Nous invitons la Corée du Nord à mettre fin aux agissements qui font monter les tensions. En cas de conflit armé, ce ne sont pas seulement les parties concernées qui subiront les conséquences, mais l’Humanité toute entière".
Par la suite, Recep Tayyip Erdogan est revenu sur la grave crise qui frappe les Musulmans Rohingyas de la province d’Arakan au Myanmar.
"La crise en Arakan (Myanmar) a un long passé et est liée à de nombreux facteurs et des intérêts très complexes. Nous savons pour quels objectifs certaines tensions sont régulièrement relancées. Cependant, les images qui circulent dans les médias, notamment sur les réseaux sociaux ne sont pas, pour la plupart, liées à la situation en Arakan. Il faut le savoir. Ce sont des images reprises et réutilisées dans de nombreux cas, comme lors des évènements de Gezi à Istanbul", a-t-il indiqué.
Il a ajouté que l’Agence turque de Coopération et de Coordination (TIKA) va faire parvenir mille tonnes d’aides humanitaires aux Rohingyas.
"Nos ministres vont se rendre les 7 et 8 septembre au Bangladesh pour visiter les camps où sont réfugiés les Rohingyas. Dans un deuxième temps, une seconde aide de 10 mille tonnes leur sera envoyée", a-t-il dit.
Le Chef de l’Etat s’est ensuite attardé sur les relations avec l’Union Européenne (UE).
Les tensions sont palpables depuis un certain temps, fortement alimentées par la posture de l’Allemagne et de sa Chancelière Angela Merkel.
"La Turquie n'a pas abandonné son objectif stratégique d'adhésion à l'UE. Depuis le dépôt de notre candidature, nous avons mis en oeuvre chacun de nos engagements. Malgré les retards dus à l’UE, nous avons mis en application les réformes, parce que nous étions convaincus de leur nécessité tant pour notre démocratie, que pour nos citoyens et notre économie. C'est l'UE qui n'a pas respecté ses engagements et qui se permet de nous critiquer aujourd'hui : nous ne pouvons l'accepter", a-t-il dénoncé.
Pour le Président turc, c’est à l’Europe de faire le pas nécessaire pour sortir de cette situation.
"C’est à l’UE de faire un pas. Soit ils tiennent parole et ouvrent la voie de l’adhésion et appliquent les mesures concernant les migrations illégales, soit ils disent clairement qu’ils ne veulent plus de la Turquie. Il n’y a pas d’autres alternatives. Nous ne permettrons pas que la Turquie soit un sujet de propagande utilisée sans limites lors de campagnes électorales", a-t-il poursuivi.
"Nous attendons des institutions européennes et des pays européens qu’ils soient sincères dans leurs politiques envers la Turquie. Certains (l’Allemagne) déclarent vouloir mettre fin au processus d’adhésion. Ils ne supportent même plus l’état actuel des relations entre notre pays et l’UE. Qu’ils (les pays européens) prennent au plus vite leur décision et qu’ils le déclarent courageusement", a-t-il lancé.
Pour conclure, le Président turc a renouvelé son appel aux ressortissants Turcs vivant en Allemagne : "Ne votez pas pour les ennemis de la Turquie".