AA/New York
L’Envoyé spécial des Nations Unies au Yémen, Jamal Benomar, a démissionné de son poste après quatre années à assurer la médiation dans ce pays actuellement en proie à un conflit armé, a annoncé, mercredi, l’ONU.
Le diplomate marocain, Jamal Benomar, «a exprimé son souhait de passer à une autre mission» a indiqué le porte-parole du bureau des Nations Unies dans un communiqué officiel.
«Un successeur sera nommé en temps voulu» a ajouté le porte-parole de l’ONU.
Benomar a œuvré à assurer la médiation entre les différents camps rivaux au Yémen depuis 2011, lorsqu’un mouvement de soulèvements populaires a submergé le monde arabe.
Une année plus tard, le président yéménite Ali Abdullah Saleh a été destitué après plus de trente ans de pouvoir.
Bien que les pourparlers entre les parties rivales au Yémen ont permis de conclure un accord de partenariat accordant plus de pouvoir aux régions, les insurgés chiites Houthis au nord, se sont retournés contre le processus en se plaignant du fait qu’il les isole.
Une escalade de violence a finalement interrompu les pourparlers après la prise de contrôle des institutions gouvernementales et de plusieurs zones du pays par les Houthis.
« Jamal Benomar a passé les quatre dernières années à travailler de manière rapprochée avec les Yéménites pour réaliser leurs aspirations légitimes pour un changement démocratique» ont indiqué, dans leur communiqué, les Nations Unies.
«Le Secrétaire général apprécie grandement les efforts sans relâche que M. Benomar a effectué tout au long de ces années pour promouvoir le consensus et la confiance sur le chemin de la paix au Yémen» a ajouté le communiqué.
D’après des rapports de médias, Benomar pourrait être remplacé par le diplomate mauritanien Ismail Ould Cheikh Ahmed qui dirige actuellement la mission d’intervention des Nations Unies contre le virus Ebola.
Depuis le 26 mars, plusieurs sites contrôlés par les Houthis, à travers le Yémen, sont bombardés par les forces de la coalition "Tempête de fermeté".
Cette coalition est composée de cinq Etats du Golfe: Arabie Saoudite, Bahreïn, Qatar, Koweït et Emirats Arabes Unis ainsi que du Maroc, du Soudan, de la Jordanie et de l’Egypte. Les Etats-Unis avaient annoncé qu’ils assuraient une aide logistique et de renseignement.
L’Arabie Saoudite a affirmé que les bombardements surviennent en réponse aux appels du président Abdrabbo Mansour Hadi pour une intervention militaire visant à expulser les milices houthies.
Les Houthis considèrent, pour leur part, «l’offensive américano-saoudienne» comme une «violation flagrante du territoire yéménite».