AA/Yaoundé/Anne Mireille Nzouankeu
Deux journalistes camerounais doivent comparaître, mardi, devant le tribunal militaire de Yaoundé "en tant qu'inculpés" de faits ayant trait à la défense nationale, a appris l’agence Anadolu, lundi, des journalistes concernés.
Felix Ebole Bola, président du bureau exécutif du Syndicat national des Journalistes du Cameroun (SNJC) et Rodrigue Tongue, journaliste dans un quotidien privé sont accusés de n’avoir « pas averti les autorités militaires administratives ou judiciaires de toute activité de nature à nuire à la défense nationale. Faits prévus et réprimés par les articles 74 et 107 du code pénal », a expliqué Rodrigue Tongué à Anadolu, en reprenant une citation à comparaître.
Les deux journalistes camerounais qui ont reçu en fin de semaine dernière, par voie d’huissier, une citation à comparaître « en tant qu’inculpés » devant le tribunal militaire de Yaoundé disent, toutefois, ne pas savoir ce qui leur est reproché et attendent mardi pour être fixés.
Devant cette situation, le Syndicat national des Journalistes du Cameroun (SNJC) a publié un communiqué le 25 octobre pour constater un « péril sur les médias à capitaux privés ».
Du 20 octobre à ce jour, le SNJC a constaté que certains journalistes ont été « placés en détention provisoire à la prison centrale de Yaoundé, après une semaine de garde à vue à la police judiciaire », d’autres ont passé des nuits en cellule, des journalistes ont été convoqués dans divers services pour s’expliquer suite aux informations contenues dans un article publié. Soit en tout six journalistes en une semaine qui sont victimes de ce que le syndicat appelle «une stratégie visant à instiller la psychose au sein de la corporation ».
Le SNJC « constate que les personnes actuellement inquiétées ne jouissent pas d’une justice équitable », et « rappelle qu’en matière de délits de presse, la mise aux arrêts doit constituer l’exception et non la règle ».
Rencontré, lundi à Yaoundé par Anadolu, pour avoir la position du gouvernement camerounais devant ces accusations du SNJC, Issa Tchiroma, ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement, a déclaré préférer reporter sa réaction à mardi, après concertation avec les ministres concernés.