AA / Antalya (Turquie) / Basher al-Bayati
«Des chasseurs saoudiens pourraient débarquer en Turquie au cours des tous prochains jours pour combattre l’organisation terroriste de Daech», a, annoncé, samedi, à Antalya, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.
Le ministre faisait cette déclaration aux journalistes présents, samedi en fin d’après-midi, dans la ville turque d’Antalya (Sud-ouest).
Il a souligné que la Turquie «lutte de manière efficace contre les organisations terroristes, tels que le PKK et le le Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C, formation d’extrême gauche) de même que nous sommes un membre actif dans la coalition internationale de lutte anti-Daech».
«Tous les pays participants à la coalition anti-Daech ne contribuent pas à la guerre contre l’organisation terroriste de manière efficace», a-t-il poursuivi.
«Des pays tels que les Etats-Unis d’Amérique, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Qatar et l’Arabie saoudite contribuent de manière efficace à cette guerre», a tenu à rappeler Cavusoglu.
«Les bases turques ont ouvert leurs portes aux pays qui souhaiteraient envoyer des chasseurs pour combattre cette organisation», a-t-il insisté.
«C’est dans ce cadre que le royaume d’Arabie saoudite, pays qui participe de manière dynamique à la lutte antiterroriste, a demandé d’envoyer ses avions à nos bases», a souligné le chef de la diplomatie turque.
Et Cavusoglu de poursuivre : «La partie saoudienne a achevé le volet de la reconnaissance mais ses chasseurs ne sont pas encore arrivés».
«Il s’agit de questions techniques à régler entre les deux pays (Arabie saoudite et Turquie) mais ils devraient arriver au cours des tous prochains jours», a expliqué le ministre qui a indiqué que le nombre «des chasseurs n’a pas encore été déterminé à l’heure actuelle».
Le ministre a nié que la coalition internationale ait pris une décision ou arrêté une stratégie particulière concernant l’engagement d’une opération militaire terrestre en Syrie.
«Ils ont tout le temps affirmé que les raids aériens à eux seuls demeurent insuffisants pour réussir la guerre contre Daech et qu’il est nécessaire de lancer des opérations terrestres», a-t-il soutenu.
Le lieutenant-colonel, Ahmed Assiri, conseiller du ministre saoudien de la Défense avait affirmé, la semaine écoulée, dans des déclarations à la chaîne de télévision saoudienne «al-Arabiya», la prédisposition de son pays à participer à des opérations terrestres contre Daech en Syrie, si une unanimité se dessine par le commandement de la coalition internationale.
Le ministre d’Etat, ministre émirati des Affaires étrangères Anouar Ibn Mohamed Kerkach avait, ensuite, souligné «l’impératif de soutenir les efforts de lutte anti-Daech".
«Les Emirats Arabes Unis sont disposés à appuyer la coalition de lutte anti-Daech en engageant des troupes terrestres», a-t-il annoncé.
Sur un autre plan, le ministre turc a dit avoir tenu informé son homologue américain, John Kerry, de la position d’Ankara vis-à-vis du Parti de l’Union Démocratique kurde syrien (PYD) et des unités de protection du peuple Kurde (YPG), branche syrienne de l’organisation terroriste du PKK.
Cavusoglu a dit avoir transmis à Kerry, au cours d’un entretien téléphonique effectué, plus tôt dans la journée du samedi, l’opposition de la Turquie à ces organisations.
«Nous n’avons pas de problèmes avec nos frères kurdes, que ce soit en Syrie ou en Irak, voire même en Turquie. Au contraire , nous bénéficions de fortes relations avec le District du Nord de l’Irak et nous leur apportons de l’aide dans les différents domaines». , a-t-il encore soutenu.
«Nous avons montré à la partie américaine des documents prouvant la relation établie entre le PYD et le YPG avec le PKK, leur imbrication, noms et photos à l’appui et les Américains constateront cette vérité», a-t-il lancé.
«Les Etats-Unis sont nos alliés et nos amis et nous n’estimons pas comme étant judicieux ce rapprochement entre Washington et pareils groupes terroristes», a-t-il encore dit.
Un différend oppose Ankara à Washington au cours de la période écoulée au sujet de la classification des organisations terroristes.
Bien que les Etats Unis d’Amérique aient classé l’organisation du PKK sur la liste des « organisations terroristes », ils refusent cependant d'inscrire le PYD sur la même liste, sous prétexte du « concours apporté par cette formation à la guerre contre Daech ».
Le ministère turc des Affaires étrangères avait convoqué, mardi dernier, l’ambassadeur américain à Ankara, John Bass, sur fond des déclarations du porte-parole du département d’Etat, John Kirby où il disait que le « PYD n’est pas une organisation terroriste ».