Ayhan Şimşek
07 Février 2022•Mise à jour: 07 Février 2022
AA / Berlin
La ministre allemande des Affaires étrangères a exhorté Moscou, lundi, à entreprendre des démarches visant à désamorcer les tensions, et a prévenu que la Russie s'exposerait à de sévères sanctions politiques et économiques si elle venait à attaquer l'Ukraine.
"Nous riposterons à toute nouvelle agression de la Russie par des mesures sévères et très spécifiques", a déclaré Annalena Baerbock dans un communiqué.
Elle a tenu ces propos à la veille de ses entretiens officiels dans la capitale ukrainienne, Kiev, dans un contexte de vives tensions avec la Russie.
Annalena Baerbock a réaffirmé le soutien ferme de l'Allemagne à la souveraineté et à l'indépendance de l'Ukraine.
"En tant que partenaire de l'Ukraine au sein de l'UE, de l'OTAN et du G7, nous sommes résolument attachés à l'intégrité territoriale du pays et sommes solidaires de son peuple", a-t-elle souligné.
La cheffe de la diplomatie allemande est à Kiev, pour sa deuxième visite en un mois, afin de manifester sa solidarité à l'égard de l'Ukraine. Elle doit également se rendre sur la "ligne de contact" dans l'est de l'Ukraine pour se faire une idée de la situation.
L'Allemagne figure parmi les plus grands pays donateurs de l'Ukraine, à qui elle a fourni près de 1,83 milliard d'euros (2,09 milliards de dollars) d'aide au développement depuis 2014, selon les chiffres du gouvernement.
Mais l'opposition de l'Allemagne au soutien militaire à l'Ukraine reste une source de friction et a été largement critiquée par les politiciens ukrainiens.
Berlin a jusqu'à présent refusé les demandes de l'Ukraine en matière de livraisons d'armes en soulignant la politique restrictive du pays en matière d'exportation de matériel d'armement, et en faisant valoir que cela pourrait accentuer les tensions militaires dans la région.
La Russie a récemment déployé plus de 100 000 soldats près de la frontière ukrainienne, ce qui fait craindre que le Kremlin ne prépare une nouvelle offensive militaire contre son voisin, anciennement membre de l'Union soviétique.
Moscou a nié se préparer à une invasion et a déclaré que ses troupes étaient là pour des exercices.
Le Kremlin a également publié une liste de revendications sécuritaires à l'égard de l'Occident, notamment une réduction du déploiement de troupes dans certaines ex-républiques soviétiques et des garanties que l'Ukraine et la Géorgie ne rejoindront pas l'OTAN.
Le mois dernier, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré que les alliés étaient prêts à rencontrer la Russie pour aborder les questions soulevées par Moscou, mais il a également souligné que l'OTAN "ne fera aucun compromis sur les principes fondamentaux sur lesquels repose la sécurité euro-atlantique."
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj