Mourad Belhaj
19 Août 2020•Mise à jour: 19 Août 2020
AA / Bruxelles
Les dirigeants européens tiendront, mercredi après-midi, une réunion extraordinaire consacrée à la crise qui secoue la Biélorussie.
Les chefs d'État et de gouvernement européens devraient donner leur feu vert à des sanctions contre les personnes impliquées dans les violations des droits de l'homme et dans les fraudes commises lors des élections présidentielles tenues au début du mois.
"Il ne fait aucun doute que les sanctions seront renforcées cet après-midi", a déclaré Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, lors d'une interview accordée à la radio française Europe1.
Des mesures à l'encontre de la Biélorussie, notamment un embargo sur les armes, un gel des avoirs et une interdiction de voyager visant quatre personnes, sont en vigueur depuis 2004.
Le responsable de la politique étrangère de l'Union Européenne, Josep Borrell, pourrait présenter une nouvelle liste de sanctions basée sur les décisions prises vendredi par les ministres des affaires étrangères de l'UE.
Ces mesures devraient à priori viser des individus, mais l'Union Européenne pourrait également envisager d'imposer des sanctions économiques aux entreprises publiques biélorusses.
L'UE a appelé les autorités de Minsk à mettre fin aux violences contre les manifestants pacifiques. Le chef de la diplomatie européenne a également déclaré que l'UE contestait les résultats des élections.
La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré, mardi, au président russe Vladimir Poutine que le président Alexandre Loukachenko devrait entamer des négociations avec l'opposition biélorusse.
Une vague de protestations populaires contre les résultats de l'élection présidentielle se poursuivent depuis le 9 août dans toute la Biélorussie.
Svetlana Tikhanovskaya, leader de l'opposition, a déclaré, lundi, être "prête à diriger la nation" pendant une période de transition afin de mettre fin aux troubles et d'organiser "dans les plus brefs délais" une nouvelle "élection présidentielle régulière et ouverte".
Selon les résultats officiels proclamés par les autorités, Loukachenko, qui dirige la Biélorussie depuis 26 ans, a remporté l'élection avec 80,1% des voix. Sa principale rivale, Tikhanovskaya, n'a quant à elle obtenu que 10,12 % des voix.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj