AA/Moscou/ Abdulhadi Zadah
Le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev, a affirmé lundi qu’Abd Rabbo Mansour Hadi n’est plus président du Yémen, après avoir fui la capitale Sanaa, pour se rendre à Aden, avant de quitter le pays.
Le responsable a déclaré, dans un entretien publié dans le journal russe «Izvestia»: «Les frappes aériennes de la coalition et la guerre d’occupation au Yémen, ont mis le pays au bord de la catastrophe humanitaire. Plus de 600 morts sont tombés depuis le début des opérations, et plus de 300 000 personnes ont été obligées de fuir leurs maisons, et 250 000 d'entre elles ont désormais le statut de réfugié».
Patrouchev a également souligné qu’utiliser des moyens militaires pour résoudre le conflit au Yémen, conduira à la répétition des scénarios syrien, irakien, et libyen. Il a ainsi déclaré: «L'expérience a démontré que les coalitions et les moyens militaires, ne font qu'aggraver le conflit et provoquer l'effondrement de l'État».
Le responsable russe a rappelé la position de principe de son pays, sur «la nécessité de mener des négociations pour résoudre le conflit sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies et de son Conseil de sécurité, et non sous la supervision de certains pays».
Patrouchev a souligné que «Moscou propose l'adoption d'un projet de résolution soumis au Conseil de sécurité, et appelle à cessez-le-feu pour permettre l'évacuation des civils et l'acheminement de l'aide humanitaire». Il a également indiqué que son pays a évacué, au cours de la dernière semaine, 500 ressortissants russes, et originaires de la CEI, des États-Unis et de l’Europe.
Le responsable russe a accusé les États-Unis et certains de leurs alliés de «considérer ce qui s’est passé au Yémen comme un coup d'Etat, et de s’être engagés à ramener Abd Rabbo Mansour Hadi à la présidence, en faisant usage des moyens militaires et des frappes aériennes». Ignorant le fait que «le président qui fuit sa capitale et son pays perd sa légitimité». «C’est ce qu’ont affirmé ces Etats sur la situation de l’Ukraine et de son président Ianoukovitch» a relevé le secrétaire du Conseil de sécurité russe, avant de conclure : «Les Etats-Unis utilisent deux poids, et deux mesures».
Depuis le 26 mars, plusieurs sites contrôlés par les Houthis, à travers le Yémen, sont bombardés par les forces de la coalition "Tempête de fermeté", dirigée par l’Arabie Saoudite.
L’Arabie Saoudite affirme que les bombardements surviennent en réponse aux appels du président Hadi pour une intervention militaire visant à expulser les milices des Houthis. Ces derniers considèrent, pour leur part, «l’offensive américano-saoudienne» comme une «violation flagrante du territoire yéménite».