Meltem Bulur,Nazlı Yüzbaşıoğlu,Tuncay Çakmak
18 avril 2018•Mise à jour: 18 avril 2018
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc des affaires de l’Union Européenne (UE), Omer Celik, a très sévèrement critiqué le dernier rapport annuel de la Commission Européenne sur les négociations d'adhésion avec la Turquie.
Le ministre Celik a tenu, mercredi, une conférence de presse pendant laquelle il a commenté le rapport présenté mardi par la Commission Européenne.
Il a été extrêmement sévère.
"Nous ne constatons aucune critique rédigée de manière objective, basée sur la droiture, ayant un contenu positif ou une perspective d'avenir", a-t-il d’abord déclaré.
Même si dans sa nature, le rapport sur les négociations d’adhésion est forcément critique, le ministre turc n’a pas manqué de dénoncer le manque d’objectivité de ce rapport.
"En principe, nous voyons d’un bon œil ce type de rapports, car ils sont sensés formuler des critiques objectives et constructives, qui nous permettront de réaliser les changements et réformes qui nous ouvriront le chemin de l’adhésion. Mais ce rapport n’est pas objectif", a-t-il expliqué.
Point par point, Omer Celik a repris les contenus que la Turquie dénonce.
Par exemple, tout en se félicitant du fait que le PKK soit à nouveau présenté comme une organisation terroriste, Celik a regretté l’absence de toute condamnation des attaques du PKK contre les citoyens d’origine turque et leurs mosquées en Europe.
Il a également critiqué le refus de l’UE de qualifier FETO, auteur de la tentative de coup d’état repoussées du 15 juillet 2016.
"Utiliser une rhétorique sur FETO comme s'il s'agissait d'une organisation civile totalement innocente est une grave erreur, même s’il est précisé que notre gouvernement qualifie FETO d’organisation terroriste. On peut dire que c’est malgré tout une première avancée", a-t-il dit.
Le ministre turc a souligné à plusieurs reprises que la Turquie est un pays européen, et qu’elle n’est pas un concurrent de l’UE ni dans les Balkans, ni au Moyen-Orient.
"Le rapport de l'UE est un rapport dépourvu de perspective et de vision, qui ne prend pas en compte les développements et la densité de nos relations", a-t-il encore indiqué, avant de conclure : "Plus d’Europe, ça veut dire se rapprocher de la Turquie et renforcer les coopérations".