AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
Le corps de Fabrice Kubwumukama, un jeune de 16 ans, porté disparu depuis deux jours selon son proche Michel Nurwah, a été retrouvé sans vie, vendredi matin, par des passants, dans la province de Makamba, à 120 km au sud de Bujumbura.
«Le corps du jeune Fabrice était à 50 mètres du poste de police de Mbizi de la province de Makamba», a indiqué vendredi à Anadolu Dismas Ndikuriyo, un notable de la colline Mbizi.
La mort de Kubwumukama a également été confirmée par le leader de la société civile, Pacifique Nininahazwe. La police s'est, quant à elle, refusée de tout commentaire.
Le bilan des morts depuis le déclenchement de l'insurrection burundaise vers le début du mois dernier, s'élève ainsi à au moins 50 tués, selon un décompte d'Anadolu établi auprès de sources sécuritaires, humanitaires, locales et de l'opposition.
Le 10 juin, plus de 200 personnes avaient manifesté dans la commune de Kibago contre la candidature de Nkurunziza à un troisième mandat. Dans la foulée, trois personnes, dont Fabrice, avaient été arrêtées avant d’être relâchées.
Alors que le gouvernement laisse entendre que la situation s'est normalisée, les contestataires de la candidature de Nkurunziza défilent encore à Bujumbura et dans d’autres régions du pays.
Certains quartiers de la capitale burundaise se sont réveillés, vendredi matin, sur des tirs à balles réelles et de gaz lacrymogène. Entre policiers et manifestants, l’ambiance était très tendue. Plusieurs jeunes ont creusé des trous, pour empêcher les véhicules des policiers de pénétrer dans leurs quartiers.
«Nous ne sortons plus de chez nous, le quartier est paralysé, les enfants ne jouent plus dans les rues, les véhicules ne passent plus», s’est désolé Jean Gafitiye, un chauffeur de bus rencontré dans la commune de Musaga ( Bujumbura).
Pacifique Nininahazwe, un des initiateurs du mouvement de contestation burundais, a salué le courage des jeunes et surtout des femmes qui continuent à manifester malgré les menaces des policiers.
«Les femmes sont les braves de ce combat pour la dignité. Elles jouent un rôle extraordinaire. Elles n’en sont pas à leur première bataille: pour l'indépendance, la démocratie, la paix, elles étaient toujours là », s’est-il félicité
Après plus de cinq semaines de manifestations contre la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé, l’opposition et la société civile gardent les yeux rivés sur le Sommet de l’Union Africaine, qui débattra de la crise burundaise les 13 et 14 juin à Johannesburg, en Afrique du Sud.