AA/Bujumbura(Burundi)/ Rénovat Ndabashinze
Quelques centaines de Burundais rapatriés de la Tanzanie, se sont réunis devant le bureau du médiateur d’Etat, Cheikh Mohamed Rukara à Bujumbura, pour réclamer nourriture et assistance du gouvernement « comme on le leur avait promis », a expliqué à Anadolu, Athanase Masumbuko, président de l’Union des rapatriés burundais, rencontré lundi.
« Le gouvernement leur avait promis des terres, une aide en nourriture et en tôles pour leur maison mais aucune de ces promesses n’a été tenu », a martelé Masumbuko, entouré d’une foule exténuée.
Femmes, enfants et vieillards assis à même le sol, marqués par la faim, la soif et le manque de sommeil, sont venus des villages de paix de Mutambara et Buzimba dans la commune Rumonge, province Bururi, à plus de 70 km de Bujumbura.
Certains participent au si-in depuis vendredi après-midi, selon certains témoignages.
« La vie est un vrai cauchemar ici. Regardez ces vieillards et ces petits enfants. Certains viennent de passer presque deux jours sans rien se mettre sous la dent à part quelques beignets offerts par des âmes charitables », témoigne un octogénaire lui aussi rapatrié.
Des petites moustiquetaires tendus contre le mur des bureaux de l’Ombudsman (bureau de médiation chargé de recevoir les doléances des citoyens) font office de logement pour ces rapatriés dont le nombre gonfle de jour en jour.
« Le ministère en charge de la solidarité nationale nous avait promis des tôles mais nous n’avons jamais rien reçu », se lamente une mère de famille déplorant que sur « 250 maisons, seulement 17 ont été couvertes ».
«Des terres cultivables nous avaient été promises avant notre retour au pays en 2009 et chaque ménage devait avoir 50 ha sur 50 ha », témoigne un autre rapatrié.
Au Burundi, la terre est indispensable : plus de 90 % des Burundais vivent d’ailleurs du secteur primaire. Et seulement, 20% des rapatriés vivant dans les villages de paix de Buzimba et Busebwa ont accès à une terre cultivable, d’après Athanase Masumbuko.
Interrogé par Anadolu, le porte-parole du ministère de la solidarité nationale, Réverien Simbarakire, assure pourtant que son ministère « a doublé d’efforts pour venir à bout de cette question », sans préciser la nature de ces efforts.
Au total, c’est cinq villages de paix des rapatriés venus de la Tanzanie et de la République démocratique du Congo (RDC) qui ont été créés dans la commune riveraine du lac Tanganyika, accueillant pas moins de 968 ménages.
« Chaque ménage compte en moyenne sept personnes », souligne Masumbuko avant de préciser que des problèmes d’eau potable, de manque d’électricité et des maladies liées à la malnutrition caractérisent ces villages.
Pour le président de l’Union des rapatriés burundais « il y a un véritable manque de volonté gouvernementale pour résoudre leurs problèmes. »
Lundi après-midi une délégation de ces rapatriés a été reçu par les conseillers du médiateurs d'Etat mais, pour Athanase Masumbuko, « la rencontre n’a rien donné de promettant et les rapatriés sont déterminés à rester là jusqu’à ce que leur question soit résolue. »
Durant plusieurs décennies de guerre civile, plus d'un demi-million de Burundais ont fui la violence survenant dans leur pays, trouvant refuge en Tanzanie voisine, selon les Nations Unies.
La semaine passée, environs 200.000 réfugiés burundais en Tanzanie ont été naturalisés tanzaniens, toujours selon l'ONU.