Enes Kaplan,Tuncay Çakmak
19 Février 2018•Mise à jour: 20 Février 2018
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le vice-Premier ministre et porte-parole du gouvernement turc, Bekir Bozdag, a affirmé que les informations avancées par certains médias faisant état du déploiement de forces liées au régime syrien à Afrin sont infondées et fausses.
Bekir Bozdag a tenu, lundi soir, une conférence de presse après la réunion du Conseil des ministres présidés par le Chef de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan.
Il s’est d’abord exprimé au sujet de l’opération Rameau d’olivier, lancée le 20 janvier par la Turquie contre les groupes terroristes YPG/PKK et Daech dans la région d’Afrin dans le nord-ouest de la Syrie.
"Aujourd'hui (lundi) à 13h, le nombre de terroristes neutralisés à Afrin était de 1651. L'opération va se poursuivre avec détermination jusqu'à ce que chaque terroriste de la région soit neutralisé", a-t-il indiqué.
Bozdag a été interrogé par les journalistes au sujet des informations qui font état d’un accord entre les terroristes du PYD/YPG/PKK et le régime de Bachar al-Assad.
"Que ce soit nos services de renseignements, ou nos forces de l’ordre et le gouvernement, nous suivons de très près les évolutions. Même si l'agence de presse gouvernementale syrienne SANA a annoncé aujourd’hui que des forces liées au régime allaient entrer dans Afrin, alors cette information est fausse et infondée, elle n'a pas été confirmée par les officiels. D’après les informations fournies par les forces de sécurité, le régime syrien n’a déployé aucune force dans la région d’Afrin", a-t-il affirmé.
Le porte-parole du gouvernement turc a souligné le fait que le PYD/YPG est l’ennemi commun de la Turquie et de la Syrie.
"Cette organisation terroriste a été créée pour diviser la Syrie et s’emparer d’une partie de ces terres. Si le régime syrien a décidé de déployer ses forces à Afrin pour protéger les terroristes du PYD/YPG, alors ceci aura des conséquences désastreuses pour la région", a-t-il ajouté.
Selon Bozdag, une telle décision du régime syrien aurait des conséquences très lourdes pour toute la région et elle ouvrirait la porte à une scission de la Syrie.
Face à cette situation, même si elle n’a pas été confirmée, Bozdag a rappelé que le Président turc s’est entretenu en début de soirée au téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine, puis avec le président iranien, Hassan Rohani.
"La Turquie, la Russie et l’Iran continuent de discuter et de travailler ensemble pour une solution en Syrie. Le 14 mars prochain, les ministres des affaires étrangères de nos pays vont se réunir à Moscou. Puis le 16 mars à Téhéran. Il est prévu qu’ensuite un nouveau sommet tripartite réunissant les leaders turc, russe et iranien soit organisé. L’opération Rameau d’olivier se poursuivra jusqu’à ce que la région ne compte plus de terroriste. Il n’est pas question de faire marche arrière", a-t-il expliqué.
Concernant les relations avec Washington et la décision prise la semaine dernière après les différentes rencontres entre les responsables turc set américains de mettre en place un mécanisme de discussions au sujet de la Syrie, du soutien américain au YPG/PKK, de l’Irak et de FETO, Bekir Bozdag a indiqué que la première réunion devrait avoir lieu avant le 14 mars à Washington.
"Manbij est un des principaux sujets qui sera traité. La Turquie est très claire sur ce point : il est indispensable que les organisations terroristes PYD/YPG/PKK et Daech quittent Manbij. Sinon, la menace sur la Turquie n’aura pas disparue. La Turquie ne peut le tolérer. J’espère que la solution sera trouvée par le dialogue sans que nous soyons obligés d’y lancer une opération", a-t-il dit.