Le directeur général de Baykar, Haluk Bayraktar, a plaidé lundi pour une coopération accrue entre les pays de l’OTAN afin de développer plus rapidement leurs capacités en drones, grâce à des partenariats industriels.
Intervenant lors du Forum de l’Industrie de Défense en marge du sommet de l’OTAN, Haluk Bayraktar a souligné que les conflits modernes exigent des cycles de développement et de production beaucoup plus courts, ainsi que des capacités de fabrication à grande échelle.
« Nous n’attendons pas que la demande se manifeste pour créer des capacités. Sur le terrain, le besoin est déjà massif », a-t-il déclaré, ajoutant que pour les start-up, cet énorme marché représente une opportunité cruciale de bâtir leur propre capacité industrielle.
Baykar travaille actuellement avec 40 pays, hors membres de l’OTAN, et souhaite renforcer les liens avec les pays de l’OTAN.
« La plupart de nos clients sont hors OTAN, mais nous voulons développer davantage nos relations avec les pays alliés », a indiqué Bayraktar. Il a notamment mis en avant la récente coentreprise conclue avec Leonardo, LBA Systems, comme modèle de coopération efficace :
« Plutôt que d’inventer tout à partir de zéro, il faut combiner nos forces. Nous apportons nos plateformes, Leonardo ses radars, charges utiles et systèmes électroniques. C’est en créant cette synergie que l’on va le plus vite. »
Haluk Bayraktar a insisté sur le fait que ces partenariats doivent viser à créer de nouvelles propriétés intellectuelles ensemble, plutôt que de simplement partager les technologies existantes.
« Bâtir une telle capacité à partir de zéro dans un autre pays prendrait des dizaines d’années. La coopération permet d’atteindre immédiatement un niveau technologique supérieur », a-t-il expliqué.
L’homme d’affaires turc a par ailleurs rappelé la forte croissance de l’industrie de défense turque, passée de 17 entreprises en 2002 à plus de 3 000 aujourd’hui, avec des exportations qui atteignent désormais 250 millions de dollars par semaine. Il a notamment rappelé qu’en 2002, la Türkiye exportait pour seulement 250 millions de dollars par an dans ce domaine.
Concernant les différents types de drones, il a plaidé pour une approche différenciée : « Chaque pays devrait disposer de sa propre capacité en FPV, comme on a besoin de producteurs de munitions. En revanche, pour les drones de classe avion de combat ou stratégique, des alliances et des coopérations sont nécessaires. C’est bien plus efficace. »
Baykar est aujourd’hui le premier exportateur mondial de drones et développe une gamme complète allant des petits systèmes aux avions de combat sans pilote.