Jo Harper
19 Août 2026•Mise à jour: 19 Août 2026
Varsovie a fortement réduit ses efforts diplomatiques visant à récupérer l’épave de l’avion présidentiel qui s’est écrasé en Russie il y a 16 ans, mercredi, selon les médias polonais.
La catastrophe aérienne de Smolensk, survenue en 2010, avait tué les 96 personnes à bord, dont le président Lech Kaczynski, son épouse Maria, de hauts responsables de l’État et des commandants militaires.
Depuis l’entrée en fonction, en décembre 2023, de la coalition gouvernementale du Premier ministre Donald Tusk, Varsovie n’a adressé à Moscou qu’une seule note diplomatique demandant la restitution de l’épave, selon Gazeta.pl, citant le ministère polonais des Affaires étrangères.
La demande a été formulée au premier trimestre 2024 et est restée sans réponse.
Cela marque une nette diminution de l’activité diplomatique par rapport aux années précédentes.
Entre 2019 et 2023, sous le précédent gouvernement du parti Droit et Justice (PiS), la Pologne avait envoyé huit notes diplomatiques concernant la restitution de l’avion. La Russie n’avait répondu qu’à une seule, réaffirmant sa position de longue date selon laquelle l’épave ne pouvait être restituée, car elle constituait toujours une pièce à conviction dans le cadre de son enquête pénale en cours sur la catastrophe.
Le parquet national polonais a également indiqué que la Russie avait refusé à plusieurs reprises de restituer aussi bien l’épave que les enregistreurs de vol de l’appareil avant la conclusion de l’enquête russe.
Les demandes d’entraide judiciaire formulées par la Pologne dans le cadre de l’enquête plus large sur Smolensk sont également restées sans réponse ou ont été rejetées dans plusieurs cas.
Le lieu où se trouve actuellement l’épave et son état sont également incertains.
L’ambassadeur de Pologne à Moscou, Krzysztof Krajewski, a déclaré en avril que les responsables polonais n’étaient désormais plus autorisés à accéder à la zone de la base aérienne militaire de Smolensk Nord où l’épave avait auparavant été entreposée.
Les relations entre Varsovie et Moscou se sont fortement détériorées depuis que la Russie a lancé sa guerre contre l’Ukraine en février 2022.
Une commission gouvernementale polonaise chargée de l’aviation avait conclu en 2011 que l’appareil était descendu en dessous de l’altitude minimale autorisée dans des conditions météorologiques qui empêchaient tout contact visuel avec le sol, et que la décision d’interrompre l’atterrissage avait été prise trop tard.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz