AA/Ahmad al Masri
Le ministère bahreïni de l’Intérieur a annoncé jeudi 1er janvier dans la soirée l’arrestation de nombre de "hors la loi qui ont participé à une manifestation illégale"
Ces arrestations surviennent une journée avant la tenue d’une manifestation suggérée par l’opposition en contestation contre l’arrestation du secrétaire général de l’association bahreïnie de l’opposition, al-Wifak.
Ce dernier étant, depuis dimanche 28 décembre, en état d’arrestation.
Le ministère de l’Intérieur du Bahreïn avait mis en garde contre la participation à la manifestation qu’il a qualifiée d’«illégale» .
Le département de l’Intérieur a, par ailleurs, précisé dans un communiqué diffusé sur son site web, qu’une marche de protestation est sortie jeudi de devant une mosquée dans le quartier Almkhariqh (dans la capitale du pays, al Manama), sur incitation du prédicateur de celle-ci.
Dans son communiqué, le ministère accuse des manifestants d’avoir "terrorisé les citoyens et les habitants, d’avoir obligé certains commerçants à fermer leurs commerces ainsi et d’avoir scandé des slogans illégaux".
Le communiqué précise que "les forces de l’ordre ont mis en garde et appelé les manifestants à se disperser à plusieurs reprises, mais ceux-ci "ont persisté à aller contre de la loi" fait qui les a obligé "à prendre les dispositions nécessaires conformément à la loi".
Le même communiqué annonce que nombre de "hors la loi" ont été arrêtés dans les sanitaires de la mosquée où ils ont essayé de se cacher. Il a précisé que le procureur général a été alerté.
L’association al-Wifak avait accusé dans un communiqué publié sur son site web les forces de l’ordre de mener une large campagne d’arrestations contre des fidèles d’une mosquée au cœur de la capitale.
Ces arrestations surviennent au lendemain de l’annonce faite par l’opposition bahreïnie concernant « l’organisation d’une grande manifestation vendredi 2 janvier dans l’avenue al-Badii à l’ouest de la capitale pour appeler à libérer le secrétaire général d’al-Wifak ».
L’agence de presse bahreïnie officielle avait rapporté jeudi sur l’avocat général du ministère public que le procureur a interrogé durant les derniers jours le secrétaire général d’une association politique ( en référence à Salmane Youssef secrétaire général d’al-Wifak sans le citer) accusé d’incitations à changer le régime par la force».
Il a souligné que Salmane avait reconnu les accusations retenues contre lui et les récentes déclarations où il appelle "à ne plus se plier à la loi et à affronter les autorités".
L’avocat général a ajouté que l’interrogatoire de l’accusé s’est déroulée en présence d’un groupe d’avocats et qu’il se poursuivait encore.
L’association al-Wifak avait déclaré dans un communiqué diffusé mardi sur son site web et dont Anadolu a eu copie que le ministère public a décidé d’arrêter son secrétaire général pour une semaine afin de l’interroger sur des faits retenus contre lui.
Le Bahreïn connait, depuis le 14 février 2011, un mouvement de protestation que les autorités attribuent à l’association chiite de l’opposition al-Wifak, celle-ci dit de son côté œuvrer pour instaurer une monarchie constitutionnelle et un gouvernement élu.
Le gouvernement bahreïni accuse, par ailleurs, l’opposition chiite d’être alliée à l'Iran, fait que celle-ci dément.