Zuhal Demirci,Tuncay Çakmak
12 Juin 2020•Mise à jour: 13 Juin 2020
AA - Ankara
Le ministère turc des Affaires étrangères a invité les autorités américaines à respecter les décisions de la justice truque qui vient de condamner un employé du consulat général des États-Unis à Istanbul à une peine de 8 ans et 9 mois de prison pour "aide à l’organisation terroriste armée FETO".
Par l’intermédiaire de son porte-parole, Hami Aksoy, le ministère turc a critiqué, vendredi, les réactions des autorités américaines à la condamnation de l’employé turc en question, Metin Topuz.
Aksoy a d’abord rappelé que les avocats de Topuz peuvent, dans les 7 jours, porter l’affaire devant la cour d’appel, soulignant néanmoins que Topuz "n’est pas le seul employé des représentations américaines en Turquie dont les chemins se sont croisés avec FETO".
Le porte-parole du ministère turc a donné l’exemple de Arif Yalçin, un ancien de l’école de l’armée de terre turque évincé après la tentative de coup d’état de FETO du 15 juillet 2016, et qui a été engagé par l’ambassade américaine à Ankara en octobre 2018. Il est actuellement en prison pour ses liens avec l’organisation terroriste en question.
"Ceci démontre que les membres de FETO n’ont pas seulement infiltré les institutions étatiques turques, mais aussi les missions américaines en Turquie", a-t-il affirmé.
Rappelant également que les demandes d’extradition d’Ankara formulée auprès de Washington, pour des membres de FETO en fuite aux États-Unis, dont leur leader Fetullah Gulen, sont restées lettres mortes, Hami Aksoy a invité les autorités américaines à respecter les décisions de la justice turque indépendante.
"Il n’est pas possible de se questionner devant ceux qui se prétendent être les défenseurs de la démocratie, des libertés et du droit, ignorent ces principes quand il s’agit de la Turquie et des organisations terroristes qui menacent toute l’humanité", a-t-il conclu.
- L’affaire Metin Topuz :
Metin Topuz avait fait l’objet d’une instruction judiciaire après que les enquêteurs chargés de suivre d’autres dossiers liés à FETO ont retrouvé son nom à plusieurs reprises, notamment dans des contacts fréquents avec plusieurs responsables de l’organisation terroriste infiltrés au sein de la police et de l’appareil judiciaire turcs.
Il avait été arrêté le 4 octobre 2018 à Istanbul.