AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Le Nigéria est prêt à offrir l’amnistie aux combattants du groupe armé Boko Haram qui accepteraient de déposer les armes et de choisir la paix, a annoncé jeudi, le ministre du Développement de la Jeunesse, Boni Haruna.
« Le président Goodluck Jonathan a déclaré l’amnistie pour les membres de la secte Boko Haram » a indiqué Boni Haruna lors d’un événement pour la jeunesse intitulé «Un jour avec les jeunes chefs du Nigéria », quelques heures après que le président nigérian ait menacé les combattants d’une « guerre totale », sur une chaîne télévisée nationale.
Le ministre a également précisé que la nouvelle mesure faisait écho à un accord d’amnistie conclu avec des combattants du Delta du Niger, en 2009, et qui, selon Haruna, avait réhabilité avec succès les combattants, qui au sommet de leur insurrection avaient quasiment paralysé la production pétrolière.
« Des séries de programmes d’intégration ont été préparés pour les membres de la secte qui rendront les armes et choisiront la paix » a affirmé Haruna, avant d’ajouter « Je profite de cette occasion pour appeler, au nom du gouvernement fédéral, les membres de Boko Haram à saisir l’offre du gouvernement. »
La déclaration du ministre du Développement de la jeunesse devrait cependant déclencher un vif débat, notamment concernant l’annonce, par un ministre d’une telle mesure, alors que le président nigérian a maintes fois écarté cette possibilité par le passé.
Jonathan n’a cependant pas contredit son ministre lorsqu’il a pris la parole à la suite de cette déclaration durant le même événement pour la jeunesse, organisé pour « présenter le plan de transformation » de son administration.
« Les militaires ne peuvent venir seuls à bout du terrorisme ou de tout autre radicalisme. Les terroristes ont des figures qu’ils respectent ; ils ont des communautés, des chefs traditionnels et des leaders d’opinion qu’ils respectent. Nous pouvons tous les déradicaliser » a soutenu Jonathan sans mentionner l’amnistie mais en ajoutant «Nous allons, à travers des activités persuasives, encourager les gens à rejeter la violence.»
L’offre d’amnistie est le dernier revirement d’un gouvernement qui avait pourtant catégoriquement rejeté la mesure plus d’une année auparavant.
Le groupe armé Boko Haram est apparu au début des années 2000, prêchant contre la corruption et la mauvaise administration du pays.
Il est cependant devenu extrêmement violent après la mort en détention, en 2009, de son chef de l’époque.
Depuis cinq ans, cette secte a été accusée de plusieurs attaques – contre des lieux de cultes et des institutions gouvernementales –,de la mort de milliers de personnes, et du récent rapt de plus d’une centaine de lycéennes dans leur établissement secondaire, à Chibok, dans l’Etat du Borno.