Bilal Müftüoğlu
06 Octobre 2015•Mise à jour: 06 Octobre 2015
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le président français François Hollande a condamné les actes de violence entre les salariés d'Air France et la direction, mettant en garde contre le risque des "conséquences sur l'image" de la compagnie aérienne.
Les violences, qui ont éclaté après la colère des salariés contre le plan de réduction d'effectifs, sont "inacceptables", a estimé le président français, mardi, s'exprimant depuis Le Havre (nord de la France). "Ca compte, le dialogue social. Et quand il est interrompu par des violences, des contestations qui prennent des formes inacceptables, on voit ce que ça peut avoir comme conséquences sur l'image, sur l'attractivité", a-t-il noté.
Le Premier ministre français, Manuel Valls, a rendu visite mardi au siège d'Air France, à Roissy, notamment pour rencontrer les membres de la direction, dont le directeur des ressources humaines, Xavier Broseta, qui ont été agressés par les salariés de la compagnie aérienne. Il s'était dit "scandalisé" par les actes de violence, lundi depuis le Japon, exprimant son soutien à la direction.
D'autre part, une enquête a été ouverte mardi, par la police aux frontières à l'aéroport de Roissy, suite à la plainte déposée par la direction d'Air France. Les auteurs de violences risquent jusqu'à cinq ans de réclusion et de 75 000 euros d'amendes, pour avoir participé à des "violences volontaires en réunion".
S'opposant au nouveau plan de suppression de 2 900 emplois, les salariés d'Air France avaient fait irruption lundi dans le siège de la compagnie, tout en interrompant la réunion du Comité central d'entreprise.
Air France avait décidé jeudi dernier de réduire ses effectifs après l'échec des négociations entre la direction et les groupes syndicaux, notamment pour augmenter la compétitivité de la compagnie. Le "plan B" de la compagnie consiste à réduire l'écart des coûts avec ses concurrentes européennes, dès lors que le coût des heures de vol chez Air France reste supérieur de 25% par rapport à d'autres grandes compagnies aériennes.
Toujours dans le cadre du "plan B", Air France envisage de licencier 300 pilotes, 700 hôtesses de l'air et stewards et 1900 membres du personnel au sol. Elle réduira par ailleurs son offre de long-courrier de 10%, qui se traduit par le retrait de cinq avions de sa flotte.