AA/Sanaa (Yémen)
L’Iran et le mouvement chiite Houthi ont signé un accord, en vertu duquel Téhéran s’engage à renforcer et à améliorer l’infrastructure du Yémen, a annoncé un média d’Etat yéménite maintenant sous le contrôle des Houthis.
L’annonce a été effectuée par le chef du Conseil politique des Houthis, Saleh al-Samad, à son retour au pays jeudi soir, après une visite de deux semaines en Iran, a rapporté l’agence de presse yéménite SABA (officiel - actuellement aux mains des Houthis).
Al-Samad a qualifié la visite de « fructueuse » affirmant qu’elle a été un « succès », et qu’elle générera des résultats positifs pour les projets de développement du Yémen.
Le chef du Conseil politique des Houthis a indiqué que la délégation l’accompagnant incluait des Sous-secrétaires d’Etat et des chefs d’agence du gouvernement, sans cependant nommer les responsables en question.
D’après al-Samad, l’accord a été signé par le ministre iranien du Commerce, Mohammad Reza Nematzadeh, et couvrira la coopération dans les secteurs de l’énergie, de l’électricité, du transport, de l’eau et des systèmes d’assainissement.
Le chef politique houthi a assuré que les responsables iraniens avaient exprimé leur volonté de fournir au Yémen du pétrole pendant un an et de construire une centrale électrique de 165 mégawatts dans ce pays souffrant d’une pénurie en énergie.
L’accord bilatéral envisage également une coopération pour étendre et développer le port d’Al-Hudaydah sur la Mer Rouge, a ajouté al-Samad, en faisant référence à un port stratégique tombé aux mains des Houthis plusieurs mois auparavant.
Il y a eu une hausse du nombre de délégations de Houthis visitant l’Iran depuis l’inauguration, le mois dernier, de vols directs entre Sanaa et Téhéran.
A la fin du mois de février dernier, le groupe chiite Houthi du Yémen a signé un protocole d’accord avec l’Iran selon lequel 28 vols directs sont à présent opérés chaque semaine les deux capitales, Sanaa et Téhéran.
Ces derniers mois, le Yémen est au bord d’une guerre civile face à l’expansion du puissant groupe chiite Houthi, notamment dans la capitale, Sanaa, en septembre, et vers d’autres régions du pays.
En début du mois de février, le groupe Houthi a annoncé une « Déclaration constitutionnelle» amenant la dissolution du Parlement et instaurant un «Conseil transitionnel» constitué de 551 membres.
L'initiative a été refusée par la majorité des partis politiques yéménites, ainsi que par des pays arabes et occidentaux.
Le 21 janvier, le président yéménite, Abed Rabbo Mansour Hadi, a démissionné en protestation de la prise de Sanaa par le groupe Houthi et de son assignation à domicile, suivant une initiative similaire par le Premier ministre Khaled Bahah et son cabinet.
Le président a réussi à s’échapper de Sanaa, le 21 février, pour fuir vers Aden, ville du sud du Yémen.
Le Yémen continue à vivre des violences quotidiennes qui ont causé la mort de centaines de civils, membres de tribus, soldats et insurgés chiites Houthis.
Des pays du Golfe ont accusé l’Iran de soutenir l’insurrection chiite au Yémen.