Hatem Katou,Saida Charafeddine
21 Septembre 2015•Mise à jour: 21 Septembre 2015
AA / Bagdad / Mouayed al-Tarafi
Le Premier ministre irakien Hyadar Abadi a annoncé, lundi, qu’il "mènera les réformes à bon port, aux dépens de sa vie".
Abadi a tenu ces propos au cours d’une conférence de presse animée, lundi, dans la zone verte au centre de la capitale Bagdad.
Il a, également, fustigé certains responsables gouvernementaux qui disposent d’équipes pléthoriques de gardes du corps.
Le Premier ministre a estimé que «les manifestations constituent un avertissement qui ne nous dérangent point, c’est plutôt une sonnette d’alarme qui nous alerte sur les foyers de défaillance devant être traités dans notre système».
«Il existe trois groupes de gardes du corps qui se consacrent à la protection des responsables gouvernementaux et cela ne relève pas de l’équité, d’autant plus que nous avons besoin de nombreux combattants sur le front pour lutter contre Daech», a-t-il expliqué.
Et Abadi de renchérir : «Certains responsables disposent de 300 à 800 gardes du corps, et il est nécessaire de réduire ce nombre afin de garantir la justice et l’équité».
Le Premier ministre irakien a fait observer que le «défi auquel fait face le pays est des plus dangereux, dès lors qu’il ne s’agit pas d’un simple défi armé mais celui d’une fausse croyance», dans une allusion à l’organisation terroriste de Daech.
«Daech ne menace pas uniquement l’Irak mais également la Turquie, la Jordanie et les pays du Golfe», a-t-il lancé, estimant que certains pays commencent à saisir l’étendue du danger.
Abadi avait annoncé, le 9 août dernier, une série de réformes, dont certaines avec effet immédiat, telle que la suppression des postes de vice-présidents de la République et du président du Conseil de ministres.
Il a également annoncé la réduction substantielle du nombre des gardes du corps des hauts responsables de l’Etat, mesure qui touche le président de la République, ceux du Parlement et du gouvernement, les ministres, les députés, les directeurs généraux, les gouverneurs et les membres des conseils des provinces.
Abadi avait ordonné d’éviter que les postes supérieurs ne fassent l’objet de répartition partisane ou communautaire et instruit de supprimer toutes les indemnités octroyées à titre exceptionnel aux présidences, aux instances et aux institutions de l’Etat ainsi qu’aux hauts fonctionnaires à la retraite.
Il a ordonné, également, d’ouvrir les dossiers de corruption actuels et anciens sous la supervision d’une commission supérieure de lutte contre la corruption.