Mohamed Hedi Abdellaoui
12 Janvier 2016•Mise à jour: 13 Janvier 2016
AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
Le Burundi risque une nouvelle « guerre civile » et « enfin, le pire, un génocide », a indiqué le Chef des opérations de maintien de la paix à l’ONU, Hérvé Ladsous, dans un document interne fuité.
Dans un mémo d’abord confidentiel mais qui a fini par fuiter, mardi, jusqu’aux médias burundais, dont "la Radio du Monde", le responsable onusien dresse trois scenari : « Des violences sporadiques que l’ONU pourrait contrôler grâce à un dialogue politique et au soutien de l’Union africaine ; une augmentation de la violence et un risque de guerre civile ; et enfin, scénario du pire, un génocide ».
Afin de lutter contre cette grave escalade, l’ONU devrait déployer, fait-il observer, un contingent de casques bleus. Mais « sans l’aide des Etats membres, les Nations unies seraient actuellement impuissantes à assurer la protection des civils burundais », nuance-t-il.
Le constat est plutôt alarmant, selon Ladsous: « La situation ne cesse de se détériorer et les mois de novembre et décembre ont vu une hausse significatives des violences et des assassinats ».
Cette situation est encore compliquée par «l’apparition de groupes armés, tels que les Forces républicaines du Burundi (Forebu) et la Résistance pour un Etat de droit au Burundi (RED-Tabara). Les accrochages entre ces groupes et les forces loyales au président Pierre Nkurunziza ont causé de nombreuses victimes», poursuit-il.
La crise sécuritaire que traverse le pays a également des conséquences néfastes sur l’économie : « Les donateurs se font de plus en plus rares et le Burundi s’enfonce dans une grave crise économique, dont les civils sont à nouveau les victimes, avec des pénuries de nourriture et de médicaments », commente Ladsous.
Aucune confirmation officielle n'a été enregistrée auprès du bureau de l'ONU au Burundi ou bien auprès de son siège à New York jusqu'à mardi soir.
Le Burundi est plongé dans une grave crise sécuritaire et sociale depuis l'annonce fin avril 2015 de la candidature du président Nkurunziza à un 3e mandat qui, selon l'opposition, la société civile et jusqu'à une partie de son propre camp, viole la Constitution et l'Accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile (1993-2006).