Michael Gabriel Hernandez
31 Août 2022•Mise à jour: 31 Août 2022
AA / Washington / Michael Hernandez
Selon le Département de la justice des États-Unis, des documents fédéraux classifiés ont probablement été "dissimulés et retirés" d'une salle de rangement de la propriété de l'ancien président, Donald Trump, à Mar-a-Lago, dans le but de faire "obstruction" à l’enquête fédérale en cours.
Le Département de la justice indique que plus de 100 dossiers classifiés, dont certains documents marqués du plus haut niveau de confidentialité des États-Unis, ont été récupérés dans l'ex-résidence présidentielle, lorsque le FBI a exécuté un mandat de perquisition le 8 août.
L'obstruction à la justice semble désormais être le point central de l'enquête fédérale, qui a été ouverte pour faire la lumière sur le retrait présumé de documents gouvernementaux classifiés de la Maison-Blanche lorsque Donald Trump a quitté ses fonctions en janvier 2021.
Les révélations selon lesquelles les documents ont été "probablement dissimulés et retirés de la salle de rangement et que des efforts ont probablement été déployés pour faire obstacle à l'enquête du gouvernement", s'inscrivent dans le cadre des efforts déployés par le Département de la justice pour s'opposer à une requête de Trump visant à nommer une personnalité indépendante, désignée sous le nom de "maître spécial", pour passer en revue la multitude de documents saisis.
Les services de renseignements examinent actuellement les documents afin de déterminer "le risque potentiel pour la sécurité nationale qui résulterait de leur divulgation" à un tiers.
Donald Trump souhaite que ledit "maître spécial" examine les documents afin de déterminer si certains d'entre eux sont couverts par le principe du privilège exécutif, qui est un droit présidentiel de garder secrets certains types d'informations, mais les critiques qualifient cette démarche de tactique dilatoire face à la multiplication des déboires juridiques.
La juge de district Aileen Cannon a déclaré, samedi, dans une ordonnance, qu'elle était encline à approuver la requête visant à désigner un "maître spécial" avant une audience qu'elle a prévue pour jeudi.
Les documents saisis à Mar-a-Lago sont les derniers à avoir été récupérés dans la résidence de Trump. En janvier, la National Archives and Records Administration a récupéré 15 boîtes, dont 184 documents classifiés, et les a remises au FBI, qui a été saisi de l'affaire.
Lors de l'une des visites du FBI à Mar-a-Lago en date du 3 juin, l'avocat de Donald Trump a remis des documents "d'une manière qui suggérait que l'avocat pensait que les documents étaient classifiés : il y avait une seule enveloppe Redweld, doublement recouverte de ruban adhésif, contenant les documents", a déclaré le procureur des États-Unis pour le district sud de la Floride, Juan Antonio Gonzalez.
Une personne uniquement identifiée comme "dépositaire" a présenté une lettre de certification expliquant qu'une "recherche minutieuse" avait été effectuée à la suite d'une injonction du tribunal.
Or, lors de la perquisition du 8 août, les agents du FBI "ont récupéré, en quelques heures, deux fois plus de documents portant des marques de classification que la "recherche minutieuse" que l'avocat de l'ancien président et d'autres représentants avaient eu des semaines pour effectuer", explique Gonzalez.
Cela, dit-il, "remet sérieusement en question les déclarations consignées dans la certification du 3 juin et jette un doute sur le niveau de coopération dans cette affaire."
Une photo incluse dans le dossier montre une multitude de documents officiels étalés sur le sol, dont certains sont effacés, mais d'autres portent clairement des mentions officielles indiquant qu'il s'agit d'informations confidentielles.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj