Hend Abdessamad
12 Novembre 2020•Mise à jour: 12 Novembre 2020
AA/ Yémen
Une organisation yéménite de défense des droits de l’homme a accusé, jeudi, les Houthis d’avoir tué un jeune otage sous la torture dans ses prisons.
Le groupe Houthi n’a pas pu être joint pour commenter ce fait, mais il nie régulièrement toutes violations des droits de l’homme.
L’organisation yéménite non-gouvernementale qui œuvre à recenser les otages, la « Ligue des Mères des otages », a déclaré « nous condamnons les violations constantes des droits des otages, enlevés de chez eux par la violence et dont les dépouilles sont ensuite rendues à leurs proches ».
Et d’ajouter « On nous a remis la dépouille du disparu Ali Marzouk al-Jeradi (18 ans), qui a été enlevé de chez lui dans le district de Nihm du gouvernorat de Sanaa (nord) en avril dernier pour être conduit vers une destination inconnue », selon le communiqué de la Ligue.
L’organisation yéménite a également signalé que « Al-Jeradi a été retenu par la force durant sa période de détention, sa famille n’a pas été informée de son lieu de détention, ni de son sort, pour apprendre , mardi, de la part des Houthis, qu’il s’est suicidé par pendaison en prison ».
La « Ligue des Mères des otages » a précisé que « la famille d’Ali al-Jeradi a refusé de récupérer sa dépouille jusqu’à ce qu’une enquête sur son décès soit ouverte, puisqu’elle avait découvert des traces de torture sur son corps lors de son identification à la morgue de l’hôpital de la Révolution de Sanaa ».
La Ligue yéménite a tenu les Houthis pour responsable pour la mort d’Al-jeradi.
Et de souligner que « la séquestration est un réel danger pour la vie des otages, où il a été observé que 83 otages ont été tués sous la torture durant les périodes de leur séquestration dans les prisons secrètes des Houthis ».
Le gouvernement yéménite et les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme accusent les Houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa et plusieurs autres gouvernorats, depuis 2014, d'arrestations d'opposants, y compris des politiciens, des journalistes et des universitaires.
Les Houthis accusent la majorité de ces otages de soutenir « l’agression contre le Yémen » en faisant référence à l’Arabie Saoudite qui est, depuis 2015, à la tête de l’alliance militaire arabe qui mène toutes les opérations militaires au Yémen, en soutien aux forces loyales au gouvernement pour faire face aux Houthis, soutenus par l’Iran.
Le bilan de la guerre en cours depuis six ans fait état de 112 000 morts, dont 12 000 civils, alors que 80% de la population du Yémen, qui compte environ 30 millions de personnes, est devenue dépendante de l’aide internationale, dans la pire crise humanitaire au monde, selon les estimations des Nations unies.
*Traduit de l'arabe par Hend Abdessamad.