Wejden Jlassi
30 Décembre 2020•Mise à jour: 31 Décembre 2020
AA/Yémen
Au moins vingt-six personnes sont mortes et plus de cinquante ont été blessées, ce mercredi, lors d’une attaque visant l’aéroport d’Aden, peu après l’arrivée d’un avion transportant des membres du nouveau gouvernement sur le tarmac.
Dans un communiqué rendu public, le ministère de l'Intérieur a affirmé que le nombre des victimes de l'explosion de l'aéroport d'Aden est passé à 22 selon un dernier bilan. Parmi lesquelles des civils, des employés de l'aéroport et des personnalités venant recevoir les nouveaux membres du gouvernement (sans dévoiler leurs noms).
La même source a indiqué que ces derniers sont sortis indemnes de cet attentat.
"L'acte abject de la milice Houthi qui a ciblé l'aéroport international d'Aden, ce matin, ne dissuadera pas le gouvernement de s'acquitter de son devoir", lit-on encore dans ledit communiqué.
Par ailleurs, la chaîne officielle saoudienne Al-Ekhbariya a déclaré, dans une brève information urgente, que son correspondant, Abdel-Fattah Ghalab, avait été blessé dans l'attaque de l'aéroport d'Aden, sans évoquer la nature de sa blessure.
Plus tôt mercredi, le correspondant de l'agence Anadolu a rapporté, citant une source gouvernementale qui a requis l'anonymat, que 3 violentes explosions ont eu lieu à l'aéroport d'Aden, peu avant que des membres du gouvernement ne débarquent de l'avion.
De son côté, Salem Al-Awlaki, membre du Présidium du Conseil de transition du Sud soutenu par les Emirats arabes unis, a déclaré sur Twitter que l'aéroport d'Aden a été visé par des frappes de missiles.
Pour sa part, Muhammad Al-Bukhaiti, membre du bureau politique houthi, a nié toute responsabilité de son groupe dans cet attentat.
Le vice-ministre de la Jeunesse et des Sports, Mounir Al-Wajih, a affirmé au correspondant de l'Agence Anadolu, que le nouveau gouvernement, avec la plupart de ses membres, est arrivé à l'aéroport d'Aden en provenance d'Arabie saoudite, pour prendre ses fonctions à l'aune de l'accord de Riyad.
Al-Wajih a expliqué qu'en plus des ministres, la délégation gouvernementale était composée d'un certain nombre de vice-ministres et d'agents, ainsi que des chefs militaires du gouvernement, dont l'attaché militaire yéménite aux Emirats, le général de division Shalal Ali Shaye, qui a été nouvellement nommé à son poste.
Samedi, des membres du gouvernement ont prêté serment devant le président Abdrabbo Mansour Hadi, à sa résidence à Riyad.
Le 18 décembre, la présidence yéménite a annoncé la formation d'un nouveau gouvernement comprenant 24 ministres, répartis à parts égales entre le nord et le sud, sur la base de l'Accord de Riyad, après des consultations entre le gouvernement (précédent) et le Conseil de transition du Sud soutenu par les Émirats arabes unis.
La nouvelle formation gouvernementale vise à mettre fin au différend entre l'ancien gouvernement yéménite et le Conseil de transition, dans l'intention de se consacrer à la confrontation des Houthis, qui sont sur le point de contrôler Marib, dernier bastion gouvernemental du nord du pays.
Depuis 6 ans, le Yémen est en proie à une guerre entre les forces gouvernementales soutenues par une coalition dirigée par l'Arabie Saoudite et le groupe houthi soutenu par l'Iran et contrôlant la capitale Sanaa.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi