Malek Jomni
09 Février 2021•Mise à jour: 09 Février 2021
AA/ Yémen
Un tribunal de la capitale yéménite Sanaa, contrôlé par les Houthis, a condamné à mort 11 parlementaires soutenant le gouvernement légitime, par contumace.
C'est ce qui ressort d'une publication sur Facebook de l'avocat yéménite et président de l'instance de la Défense des détenus Abdelbasset Ghazi.
Le tribunal pénal spécialisé, qui est contrôlé par les Houthis, a accusé les députés d'avoir participé à la réunion du Parlement relevant du gouvernement légitime, à Seyoun dans la province de Hadramaout, dans l'Est du pays, en 2019, et au cours de laquelle un nouveau président de l'Assemblée avait été élu, selon l'avocat.
Il a indiqué que le tribunal avait décidé de confisquer tous les biens des députés à l'intérieur du pays et à l'étranger et de les transférer au Trésor public de Sanaa.
Le même tribunal a également décidé de convoquer le prince héritier saoudien Mohamed bin Salman, le prince héritier d'Abou Dabi, Mohammed ben Zayed et l'ex président américain, Donald Trump, à une comparution devant le procureur de la République, pour "agression" contre le Yémen, d'après la même source.
Le même tribunal avait décidé, en mars 2020, d'exécuter 35 députés accusés de soutenir les forces de la Coalition arabe et l'Arabie saoudite qui les dirige.
D'autre part, le vice-ministre de la Justice du gouvernement yéménite, Faysel al-Majidi, a déclaré à l'Agence Anadolu, que la légitimité ne reconnaît aucun pouvoir de ce tribunal et que sa décision n'a aucune valeur car il se trouve en dehors du système judiciaire.
Le ministre a ajouté que le Conseil supérieur de la magistrature avait approuvé, lors de sa réunion ordinaire du 30 avril 2018, le transfert de la compétence du parquet et du tribunal pénal de Sanaa à Marib.
Le Yémen connaît une guerre entre les forces gouvernementales soutenues par une coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite et le groupe Houthi appuyé par l'Iran. Quelque 233 000 personnes sont mortes et 80% de la population (soit 30 millions) dépendent désormais des aides et des subventions pour assurer leur survie, selon les Nations Unies.
*Traduit de l'arabe par Malèk Jomni