Mennatallah H. H. M. Said A.
13 Novembre 2021•Mise à jour: 13 Novembre 2021
AA/Washington
Les États-Unis ont annoncé vendredi avoir imposé des sanctions à l'armée et au parti au pouvoir en Érythrée, accusés d'avoir contribué aux affrontements dans la province éthiopienne du Tigré entre les forces fédérales et les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).
Par voie de communiqué, le Trésor américain, a indiqué que les entités et personnes visées par les sanctions sont les Forces de défense érythréennes et le Front populaire pour la démocratie et la justice (FPDJ), parti du président érythréen Issayas Afewerki.
Le Trésor américain a placé sur sa liste noire également le directeur de l'Agence de sécurité nationale érythréenne, Abraha Kassa Nemariam, et « Hidri Trust », une holding qui gère toutes les entreprises liées au parti au pouvoir (FPDJ), ainsi que le conseiller économique dudit parti, Hagos Ghebrehiwet W Kidan.
« Les forces érythréennes ont opéré sur tout le territoire éthiopien pendant le conflit et sont responsables de massacres, de pillages et d'agressions sexuelles », précise le département du Trésor américain.
Washington accuse les Forces de défense érythréennes et le FPDJ d’avoir contribué à la crise et entravé les efforts pour parvenir à un cessez-le-feu ou à un accord de paix.
Le Trésor américain explique dans son communiqué que les soldats des Forces de défense érythréennes ont porté des uniformes avec les insignes et les motifs de camouflage spécifiques aux militaires éthiopiens, fermé les principales routes dédiées à l’acheminement des secours et menacé les employés d'un grand hôpital public situé dans le nord de l'Éthiopie.
Le 23 août, les États-Unis ont imposé des sanctions au général Filipos Woldeyohannes, chef d'état-major des forces armées érythréennes, pour son rôle dans les graves violations des droits humains perpétrées par ses soldats dans la province du Tigré.
Le 4 novembre 2020, des affrontements ont éclaté dans la région du Tigré entre l'armée éthiopienne et les rebelles du TPLF, après l'entrée des forces gouvernementales dans la province, en représailles à une attaque contre une base militaire, avant qu'Addis-Abeba n'annonce le 28 du même mois que l’opération de « maintien de l'ordre » a pris fin par le contrôle de toute la région.
Des rapports font état de violations continues des droits humains au Tigré, où des milliers de civils ont été tués alors que des centaines de milliers ont été déplacés par le conflit, dont plus de 60 000 personnes ont cherché refuge au Soudan.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail