Ben Amed Azize Zougmore
06 avril 2026•Mise à jour: 06 avril 2026
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
L’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin a regretté, dimanche, le recours croissant à une “logique d’interdiction” dans le débat public français autour du port du voile par les mineures, appelant à privilégier “l’éducation” et “la conviction” plutôt que la contrainte.
Invité de BFMTV, Dominique de Villepin a été interrogé sur la question du voile porté par “les jeunes filles ou les fillettes” dans l’espace public, un sujet qui divise la classe politique française et suscite de vifs débats dans le pays.
“Nous sommes en permanence dans une logique d’interdiction”, a-t-il déclaré, dénonçant “la politique de la surenchère menée en particulier par l’extrême droite et par la droite”.
L’ancien chef du gouvernement a rappelé qu’un cadre légal avait déjà été fixé en 2004, sous la présidence de Jacques Chirac, concernant la laïcité à l’école et dans les services publics.
“Il y a des règles dans notre pays que nous avons installées. J’étais avec Jacques Chirac en 2004 (…) Ce cadre a été posé. Et la règle est extrêmement claire à la fois dans le milieu scolaire et dans les services publics”, a-t-il souligné.
Interrogé sur une éventuelle extension de l’interdiction du voile aux mineures dans l’espace public, Dominique de Villepin a mis en garde contre une intervention accrue de l’État dans la sphère familiale.
“Est-ce qu’il appartient à l’État de rentrer dans la vie des familles ?”, a-t-il demandé, estimant qu’une telle orientation poserait également la question des moyens de contrôle et du rôle des forces de l’ordre.
“Les forces de l’ordre vont désormais enlever, arracher leur voile à des fillettes de 15 ou 16 ans ? (…) Est-ce que tout cela ne nous fait pas rentrer dans une logique du contrôle ?”, a-t-il poursuivi.
Pour Dominique de Villepin, la réponse à ce débat ne doit pas être fondée sur la contrainte mais sur “l’éducation”, “l’explication” et le “partage de nos valeurs”.
“C’est par l’éducation que je souhaite aujourd’hui faire en sorte que les comportements puissent reculer”, a-t-il affirmé, ajoutant ne pas croire à “une logique de force” pour répondre à ces questions.
L’ancien Premier ministre a également dénoncé une tendance générale à la multiplication des interdictions dans le débat public français, citant notamment les discussions sur l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans.
“La démocratie est une valeur extrêmement puissante, à condition aussi d’œuvrer au niveau des consciences”, a-t-il conclu.