Eşber Ayaydın,Tuncay Çakmak
14 Juin 2017•Mise à jour: 14 Juin 2017
AA - Izmir
Mohammed Afsan, syrien âgé aujourd’hui de 31 ans, a commencé à exercer son métier de médecin en 2011, juste avant le début de la guerre civile qui sévit depuis cette date dans son pays.
Après des études de médecine en Ukraine, Afsan est rentré en Syrie en 2011.
Il a commencé à exercer dans un hôpital privé d’Alep, dans le nord-ouest de la Syrie.
Mais l’intensité grandissante de la guerre et les bombardements du régime de Bachar al-Assad sur la ville, ne lui ont permis de travailler que deux ans. Vivre en Syrie devenait impossible.
En 2013, il décide de se réfugier en Turquie et s’installe seul à Gaziantep (sud).
Afsan a commencé à suivre des cours en Turquie pour devenir médecin spécialisé, mais les difficultés économiques qu’il rencontrait l’ont obligé à abandonner ce rêve.
Il fait la rencontre de l’Association turque "Yeryüzü Doktorları", qui regroupe des médecins et autres professionnels de la santé pour mener des actions humanitaires à travers le monde.
Il s’engage alors comme volontaire au sein de cette association et intervient dans la région de Diyarbakir pour soigner les Yézidis ayant fui l’Irak.
Aujourd’hui, Muhammet Afsan travaille dans une clinique mobile de l’association à Izmir (ouest).
Il y soigne les victimes de la guerre et les réfugiés.
Afsan se réjouit de pouvoir exercer son métier en Turquie.
"Je suis très heureux de pouvoir faire mon métier. Nous soignons nos frères syriens, nous venons en aide aux femmes enceintes. Quand je vois les situations dans lesquelles se trouvent les syriens je suis très triste. Certains sont vraiment dans des situations très précaires, les enfants n’ont pas de chaussures, leurs habits sont déchirés. Mon cœur se déchire. Mais grâce à Dieu, la Turquie a ouvert ses portes et vient en aide à ces personnes", a-t-il déclaré à l’Agence Anadolu (AA).
Afsan affirme également qu’il n’a jamais pensé à se rendre dans un pays européen, précisant qu’aucun autre pays ne fera preuve d’autant de chaleur et de solidarité que la Turquie.
"Je me suis fiancé à Izmir, j’ai un projet de mariage. Mais mes parents ne sont pas là, j’ai beaucoup de mal à les contacter. Je veux leur présenter ma fiancée mais ils ne sont pas là. Je n’ai pas revu mes parents depuis quatre ans, c’est très difficile à supporter. Je leur parle parfois au téléphone, mais c’est très insuffisant", a-t-il indiqué.
Pourtant, Afsan garde l’espoir que la guerre pendra fin en Syrie. Il veut poursuivre sa vie professionnelle dans son pays dès que ce sera à nouveau possible.