Yusuf Hatip,Nur Asena GÜLSOY
07 Décembre 2017•Mise à jour: 07 Décembre 2017
AA – Ankara – Nur Gülsoy
Le président américain, Donald Trump a instrumentalisé Jérusalem dans sa politique intérieure, selon des experts.
Le chef de l'État américain a annoncé que son administration reconnaît désormais Jérusalem comme capitale d'Israël, mercredi.
Des experts interviewés par l'Agence Anadolu insistent sur le timing de l'annonce qui coïncide avec une période fragile au Moyen-Orient.
Le professeur Ahmet Uysal de l'Université d'Istanbul fait remarquer que Trump essaie d'obtenir le soutien du lobby israélien au moment où il fait face à des difficultés internes.
«Trump a une approche islamophobe, du point de vue idéologique», selon le professeur Uysal, pour qui la transformation en Arabie saoudite, l'embargo contre le Qatar et cette dernière démarche sont les plans du gendre de Trump, Jared Kushner, et des lobbies qui le soutiennent.
Le professeur Kemal Inat, directeur de l'Institut de l'Université de Sakarya pour le Moyen-Orient, rappelle que Trump avait promis de reconnaître Jérusalem comme capitale israélienne lors de sa campagne électorale, pour bénéficier du soutien du lobby israélien.
«Trump est dans une période où il a besoin de ce lobby, indique-t-il. Les enquêtes contre l'entourage de Trump se poursuivent. Selon des éléments d’informations, ces enquêtes pourraient même toucher Trump et le président serait susceptible de ne pas achever son premier mandat présidentiel. Il a donc besoin maintenant du soutien de ce lobby.»
Selon le professeur Inat, Trump n'a pas calculé les résultats de sa démarche au Moyen-Orient.
La professeure Nursin Atesoglu, doyenne de la Faculté des Sciences économiques et administratives de l'Université de Bahcesehir de Kibris, souligne que Trump n'a plus de fiabilité à l'intérieur et à l'extérieur de son pays.
«En reconnaissant Jérusalem comme capitale israélienne, il vise à maintenir voire à renforcer son pouvoir politique», selon Atesoglu.
Elle affirme que la division actuelle du Moyen-Orient est le facteur extérieur qui a incité Trump à prendre une telle décision.
«À cause de la division du monde musulman, il a pensé que c'était le bon moment, dit-elle. Mais les États-Unis ne réfléchissent pas aux conséquences. Je pense que c'est une décision à court terme et personnelle.»
Pour Atesoglu, cette décision a renforcé la méfiance envers les États-Unis, dans le monde entier.
Pour sa part, le professeur Mehmet Akif Okur de l'Université technique de Yildiz, insiste lui aussi sur les difficultés que rencontre actuellement Trump dans son pays.
«Le lobby israélien demande deux choses: Une décision sur l'Iran et une autre sur Jérusalem, note-t-il. Trump a estimé, visiblement, qu'une décision sur Jérusalem serait moins coûteuse».