Bilal Müftüoğlu
22 Avril 2016•Mise à jour: 23 Avril 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Les négociations de paix entre le régime de Bachar al-Assad et l'opposition syrienne sont entrées dans une "zone de danger", a estimé vendredi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.
Accueillant la Haute représentante de l'Union européenne (UE) pour la politique étrangère Federica Mogherini au Quai d'Orsay, Ayrault a appelé les "pays partenaires", notamment la Russie, à prendre leurs responsabilités en vue d'une relance des pourparlers à Genève, totalement bloqués depuis le récent départ de l'opposition.
Interrogé à cet égard sur la possibilité d'une réconciliation avec la Russie, Ayrault a estimé qu'elle était nécessaire et qu'il ne serait pas possible d'imposer une "solution unilatérale en Syrie. Le ministre est revenu à cet égard sur la visite qu'il a effectuée en début de semaine à Moscou, lors de laquelle il a rencontré le président Vladimir Poutine et son homologue russe Sergueï Lavrov. La visite a permis de leur rappeler, a-t-il précisé, qu'"il faut que le processus de paix puisse se retrouver toutes ses chances de réussite".
Le chef de la diplomatie française a également abordé la prochaine réunion du groupe de soutien à la Syrie, qui doit être organisée, selon lui, "le plus vite possible quel que soit l'endroit".
"L'objectif c'est le processus de paix et comme il est fragilisé il faut agir pour le relancer", a-t-il poursuivi.
Ayrault est finalement revenu sur l'action française à l'égard du processus de paix au Proche-Orient, soulignant qu'il partage avec Mogherini, le "même constat" et la "même nécessité d'agir". L'Europe ne peut pas "laisser s'installer ce fatalisme" sans aucune solution à l'horizon pour la Palestine et l'Israël, a-t-il insisté.
Les deux chefs de la diplomatie ont fait savoir à cet égard que l'UE serait associée à la première réunion de l'action française qui aura lieu le 30 mai à Paris, tout comme son travail qu'elle est en train de faire pour le "Quartet pour le Moyen-Orient". [Etats-Unis, Nations unies, Russie, UE, ndlr]
L'apport de l'UE à cette action sera "absolument complémentaire", a tenu à souligner Mogherini, souhaitant que "la solution à deux etats au Moyen-Orient puisse trouver finalement une possibilité de réalisation".