Ayvaz Çolakoğlu
05 Mars 2019•Mise à jour: 06 Mars 2019
AA - Bruxelles
Le secrétaire général de l’Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), Jens Stoltenberg, a salué, lundi, le dialogue entre Ankara et Washington, le projet de création d'une force d'observation internationale composée de membres de l'Alliance dans le nord-est de la Syrie, ainsi que les efforts déployés afin de trouver une solution pacifique au problème.
"Nous saluons les initiatives visant à trouver une solution pacifique [dans le nord de la Syrie]", a déclaré le secrétaire général, lors d'une table ronde avec un groupe de femmes journalistes, organisée au siège de l'OTAN à Bruxelles, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes qui se tient le 8 mars.
S'exprimant au sujet de l'annonce faite par les États-Unis quant à la formation d'une force d'observation internationale dans le nord de la Syrie et ce, après leur retrait du pays déchiré par la guerre, Stoltenberg a rappelé le rôle joué par l'OTAN dans la coalition internationale pour vaincre Daesh.
"Nous avons apporté notre soutien dans le cadre d'une mission de formation en Irak et nous avons apporté notre soutien aux opérations aériennes avec nos avions AWACS (système de détection et de commandement aéroporté)", a déclaré Stoltenberg.
Il a ajouté que l'OTAN n'était pas présente sur le terrain en Syrie et a salué les efforts déployés par la Turquie et les États-Unis pour résoudre le conflit.
"Certains alliés, comme la Turquie et les États-Unis, demeurent sur le terrain en Syrie en dehors du cadre de l’OTAN et nous saluons les efforts déployés par ces membres en contact afin de trouver une solution pacifique au problème", a-t-il partagé.
"Nous vivons dans un monde instable et imprévisible"
Stoltenberg a souligné la nécessité d'un partage du fardeau de la défense dans le monde actuel, qu’il décrit comme "instable et imprévisible". Il dit comprendre que les politiciens préfèrent investir dans des domaines tels que l'éducation, les infrastructures et la santé, mais insiste néanmoins sur la nécessité d’augmenter les dépenses de la défense afin d’assurer la sécurité de tous les alliés pendant les périodes de tensions.
"Comme nous avons réduit nos dépenses de défense après la fin de la Guerre froide, alors que les tensions étaient à la baisse, nous devons maintenant être en mesure de les augmenter alors que les tensions augmentent."
Il a rappelé que par souci d’équité et d’interdépendance, les membres de l’Alliance devaient contribuer au partage de la charge dans les trois domaines que sont le financement, le développement et la capacité.
"Ces points sont liés, les alliées se doivent de respecter leurs engagements dans ces 3 domaines."
Intervention de l'OTAN sur un territoire non-membre
Le secrétaire général s’est exprimé au sujet des opérations et des activités de gestion des crises de l'Alliance transatlantique, au-delà du territoire de ses membres, visant à protéger les alliés de l'OTAN et à établir la paix dans ces régions, comme en Yougoslavie, en Libye et en Afghanistan.
"Si nos voisins sont plus stables, nous sommes plus en sécurité ", a-t-il déclaré, ajoutant que la paix dans les Balkans et la lutte contre le terrorisme en Afghanistan visaient également à protéger les alliés de l'OTAN.
Soulignant que la décision d'intervenir en situation de crise et de conflit n'est pas chose facile, il a ajouté que s'abstenir d'intervenir "a aussi un coût".
Stoltenberg a rappelé les atrocités commises au Rwanda dans les années 1990 et les massacres de Srebrenica, lorsque la communauté internationale n'est pas intervenue.
Il a réaffirmé que la paix ne pouvait être garantie sans investir dans la sécurité.
Rappelant que de nombreuses guerres ont été vécues dans l'histoire de l'Europe, il a affirmé que la paix avait prévalu au cours des 70 dernières années grâce aux contributions de l'OTAN.
"C'est une grande réussite que pour tant de personnes, le concept de guerre soit devenu une notion floue, mais nous ne devrions pas tenir la paix pour acquise", a-t-il partagé.
Il a ajouté que les cyber-attaques, les menaces hybrides et les attentats terroristes font désormais parties des "agressions graves" qui menacent le monde, même si elles ne sont pas qualifiées de guerre.