Hafawa Rebhi
09 Janvier 2018•Mise à jour: 09 Janvier 2018
AA / Pakistan / Aamir Latif
Au moins six personnes, dont quatre policiers, ont été tuées et 17 autres blessées dans une explosion dans la province du Baloutchistan, dans le sud-ouest du Pakistan mardi soir, ont rapporté la police et les médias locaux.
L'explosion a visé un camion de la police qui patrouillait sur la route très fréquentée de Zargoon, à seulement 300 mètres du bâtiment de l'assemblée provinciale du Baloutchistan pakistanais à Quetta, a rapporté la chaîne locale « Geo TV ».
L'attaque est survenue quelques heures après la démission du ministre en chef du Baloutchistan à la suite d'une motion de censure de l'opposition lancée à son encontre.
Selon la police, les rapports initiaux ont suggéré qu'il s'agirait d'une attaque-suicide. Aucune partie n’a toutefois revendiqué l’attaque jusqu'à 15h15 GMT.
S’adressant aux journalistes, Farrukh Atiq, le commissaire adjoint de Quetta, a refusé de confirmer le nombre de victimes mais a déclaré que l'explosion « aurait pu causer des victimes ».
Des images diffusées sur « Geo TV » montraient des ambulances se précipitant sur le site et transportant les blessés vers les hôpitaux. Des chaussures, des vêtements, des casquettes et des verres imbibés de sang étaient dispersés autour du site et sur les trottoirs.
La vaste région du Balouchistan, qui couvre également des parties de l'Iran et de l'Afghanistan voisins, est stratégiquement importante en raison de ses minerais de cuivre, de zinc et de ses gisements de gaz naturel. La région est en proie à la violence depuis plus de six décennies. Des groupes séparatistes affirment que la province a été annexé par la force au Pakistan à la fin de la domination britannique en 1947.
Des groupes illégaux tels que Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) et Lashkar-e-Jhangvi ont surtout été impliqués dans des attaques contre les forces de sécurité ces dernières années.
La province, en particulier sa capitale, Quetta, fait également face depuis une décennie à une vague meurtrière de violence sectaire. Plus de 2 mille personnes - pour la plupart chiites - ont été tuées dans des attaques ciblées et des attentats-suicides à Quetta et dans d'autres parties de la province au cours des dix dernières années.