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17 Mai 2021•Mise à jour: 18 Mai 2021
AA / Ramallah
Le Premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh a déclaré ce lundi que son gouvernement prévoit de se rendre à l'Assemblée générale des Nations unies (ONU), afin de faire adopter la résolution d'un arrêt immédiat de l'agression israélienne, à un moment où le Conseil de sécurité n'arrive pas à émettre une condamnation commune.
Dans un discours prononcé au début de la session du Conseil des ministres à Ramallah, Shtayyeh a affirmé que "malheureusement, le Conseil (de sécurité) n'a pas réussi à atteindre une position commune condamnant les attaques israéliennes et les arrêtant immédiatement".
Et de poursuivre : "Cela signifie que nous irons à l’Assemblée générale, vendredi, pour faire adopter cette résolution, car personne n'a le droit de veto là-bas."
Pour la troisième fois consécutive, le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas réussi, dimanche dernier, à s'entendre sur une déclaration commune concernant la poursuite de l'agression brutale israélienne contre la Bande de Gaza.
Shtayyeh a ajouté qu' "il ne suffit plus de publier des déclarations de dénonciation et de condamnation".
Il a souligné la "nécessité" d’adopter une résolution des Nations unies qui stipule "l'illégalité de toutes les mesures israéliennes contre la terre et le peuple de Palestine" et "qu'il devrait y avoir des mesures punitives contre l'État de l’occupation".
Il a également exigé que la résolution inclue une demande aux "pays amis" de "convoquer leurs ambassadeurs en Israël, au moins pour des consultations, comme expression de leur rejet de l'agression israélienne".
Le Premier ministre palestinien a également appelé à "empêcher tout citoyen israélien d'entrer dans un pays arabe, à mettre fin à tout accord commercial avec Israël" et à "conditionner toute aide à Israël, en particulier en provenance des États-Unis et d'Europe, par son respect des droits de l'Homme".
Shtayyeh a aussi fait remarquer que "des familles entières ont été exterminées et leurs maisons détruites alors que leurs résidents s’y abritaient à la suite des raids brutaux israéliens" dans la Bande de Gaza.
"Des crimes prémédités sont commis et sont diffusés en direct (...) la Cour pénale internationale voit et écoute, et elle doit accélérer ses procédures", a-t-il ajouté.
Le 3 mars dernier, la Cour pénale internationale (basée à La Haye aux Pays-Bas) a annoncé l'ouverture d'une enquête officielle sur d'éventuels crimes de guerre dans les territoires palestiniens.
Le Premier ministre palestinien a dit : "Chaque jour où la fin de l'agression est retardée, signifie le renouvellement du permis de tuer d’Israël contre notre peuple. Cette situation doit cesser immédiatement."
Les Palestiniens s'étaient précédemment tournés vers l'Assemblée générale des Nations unies dans des cas antérieurs dans lesquels les États-Unis avaient utilisé un "veto" au Conseil de sécurité, dont, notamment, le vote de l'Assemblée datant du 29 novembre 2012, en faveur d'une résolution accordant à la Palestine le statut d’État observateur".
Depuis le 10 mai dernier, une importante escalade militaire se poursuit dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie, faisant 197 morts, dont 58 enfants et 34 femmes, dans la bande de Gaza, ainsi que 21 morts et des centaines de blessés en Cisjordanie occupée, selon le ministère de la Santé.
Du côté israélien, 10 personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessés, à la suite de tirs de roquettes par les factions palestiniennes de Gaza qui ont ciblé des zones en Israël.
*Traduit de l’arabe par Mounir Bennour