Ömer Aşur Çuhadar
10 Décembre 2022•Mise à jour: 10 Décembre 2022
AA/Ankara
Le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué, samedi, l'ambassadeur du Royaume-Uni en Iran, Simon Shercliff, sur fond des sanctions imposées par Londres à des responsables de la magistrature iranienne.
Par voie de communiqué, la diplomatie iranienne a indiqué que l’ambassadeur Shercliff a été convoqué au ministère des Affaires étrangères qui a protesté contre « le soutien des autorités britanniques à la terreur et aux troubles» et contre « l'imposition de sanctions illégales à l'endroit de responsables iraniens ».
Le communiqué souligne que les sanctions britanniques liées aux manifestations constituent une « ingérence dans les affaires intérieures de l’Iran ».
Le ministère iranien des Affaires étrangères a informé l'ambassadeur du Royaume-Uni, que Téhéran se réserve le droit de répliquer aux sanctions britanniques conformément au principe de réciprocité, ajoute le communiqué.
Jeudi, l’agence de l'autorité judiciaire iranienne, Mizan, a fait savoir que les autorités ont exécuté, Mohsen Shekari, un émeutier accusé d'avoir bloqué le 25 septembre le boulevard Sattar Khan dans la capitale Téhéran et poignardé avec une machette un Bassidj (membre des Gardiens de la révolution).
L'organe du pouvoir judiciaire a déclaré que Mohsen Shekari a été exécuté jeudi matin à Téhéran, après sa condamnation par le tribunal révolutionnaire, a rapporté l'agence américaine « Associated Press ».
L'agence Mizan a précisé que Shekari avait été arrêté le 25 septembre et inculpé le 20 novembre pour avoir « brandi son arme avec l'intention de tuer, de provoquer la terreur et de troubler l'ordre et la sécurité de la société », un crime généralement passible de la peine de mort.
La justice iranienne avait prononcé, mardi, la peine capitale à l'encontre de cinq personnes pour avoir tué un paramilitaire lors des manifestations, ce qui porte à onze le nombre de condamnations à la peine capitale.
L’Iran est secoué par une vague de manifestations depuis la mort de Mahsa Amini, 22 ans, en garde à vue.
La jeune femme est décédée le 16 septembre dans des circonstances anormales, après avoir été arrêtée par la police des mœurs à Téhéran pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire iranien.
Les autorités iraniennes ont tenté de faire croire que la mort d'Amini était due à une crise cardiaque survenue pendant sa détention, mais cette explication n'a pas été convaincante, les manifestants et sa famille affirmant qu'elle a été battue à mort.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail