Serap Doğansoy
25 Septembre 2026•Mise à jour: 25 Septembre 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le Kremlin a dénoncé vendredi une « persécution » après l’adoption de sanctions européennes contre Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de RT France, déjà visée par des mesures d’expulsion et de gel de ses avoirs en France.
« Il s’agit d’une pression flagrante exercée sur les médias. Il s’agit d’une persécution à l’encontre d’une représentante des médias », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, interrogé par le presse française lors de son point presse quotidien. Il a également qualifié les sanctions européennes d’« illégales ».
Le Conseil de l’Union européenne a annoncé jeudi avoir inscrit Xenia Fedorova sur sa liste de sanctions pour son rôle présumé dans des activités de manipulation de l’information et d’ingérence liées à la Russie. Cette décision entraîne un gel de ses avoirs dans l’UE, l’interdiction pour les citoyens et les entreprises de l’Union de mettre des fonds à sa disposition, ainsi qu’une interdiction d’entrée et de transit sur le territoire européen.
L’UE reproche à l’ancienne présidente et directrice de l’information de RT France d’avoir continué, après la suspension de la diffusion de RT dans l’Union, à relayer dans des médias français des discours en phase avec ceux des autorités russes sur la guerre en Ukraine, le soutien européen à Kiev, l’Otan et les relations entre Moscou et Bruxelles. La décision européenne cite notamment ses interventions sur CNews, Europe 1 et Le JDNews.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué jeudi ces sanctions, prises à l’initiative de la France et de l’Allemagne. Selon lui, elles renforcent les mesures adoptées par Paris en juillet contre Xenia Fedorova.
Les autorités françaises lui ont notifié un arrêté d’expulsion et ont ordonné le gel de ses avoirs pour six mois. Xenia Fedorova rejette les accusations d’ingérence et affirme être visée pour ses prises de position publiques. Son avocat a indiqué qu’elle entendait contester les mesures françaises.
Le tribunal administratif de Paris a rejeté deux recours déposés en urgence contre l’arrêté d’expulsion. Ces décisions ne tranchent pas définitivement sa légalité.
RT France, qu’elle a dirigée, a cessé de diffuser dans l’Union européenne en 2022, après le début de l’invasion russe de l’Ukraine. Sa filiale française a été liquidée en 2023.