Elena Teslova
23 Avril 2021•Mise à jour: 23 Avril 2021
AA / Moscou / Elena Teslova
L'opposant russe Alexeï Navalny a annoncé, vendredi, avoir mis fin à la grève de la faim qu'il avait entamée le 31 mars.
Dans un message sur Twitter, Navalny a expliqué sa décision par les risques mortels encourus s'il continue à s'abstenir de s'alimenter.
"Les médecins ont publié une déclaration hier (jeudi) indiquant que nous avons obtenu suffisamment de résultats pour que je mette fin à ma grève de la faim. Je le dis franchement, leurs propos selon lesquels les tests montrent que, dans peu de temps, il n'y aura plus personne à soigner... me semblent dignes d'attention", a déclaré Navalny.
Pour protester contre ses conditions d'emprisonnement, l’opposant russe avait entamé une grève de la faim le 31 mars.
Le 19 avril, il a été transféré dans un hôpital pénitentiaire pour condamnés en grève de la faim, et il a accepté de suivre une vitaminothérapie tout en refusant tout autre traitement.
L'Union européenne et les États-Unis ont manifesté leur soutien à Navalny, exhortant le gouvernement russe à le libérer et brandissant la menace de possibles représailles.
L'opposant russe a été emprisonné pour une violation de sa liberté conditionnelle en février. Reconnu coupable en 2014 de fraude et de détournement de fonds, il était soumis à une probation de six ans et devait se présenter à la police deux fois par mois.
En 2020, après son empoisonnement présumé avec un agent neurotoxique, son obligation de se présenter à la police a été suspendue pour la durée de son traitement en Allemagne.
Selon le FSIN (Service fédéral des pénitenciers), une fois le traitement de Navalny terminé, il ne s'est pas présenté pendant plus de trois mois et n'a pas notifié ses allées et venues. Il n'a même pas fourni de raison objective pour expliquer son absence, poursuit le FSIN.
À son retour en Russie le 17 janvier, Navalny a été arrêté à l'aéroport et sa peine avec sursis a été remplacée par une peine de deux ans et demi de prison ferme.
L'Union européenne a imposé des sanctions à quatre hauts responsables russes en raison de l'arrestation, des poursuites et de la condamnation arbitraires de Navalny, dans le cadre de son régime mondial de sanctions en matière de droits de l'homme.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj