Ekip
14 Avril 2022•Mise à jour: 14 Avril 2022
AA / Londres / Muhammad Mussa
Le principal parti d'opposition britannique, le Parti travailliste, a dénoncé, jeudi, le projet du gouvernement de mettre en œuvre un plan d'immigration controversé qui prévoit l'envoi de réfugiés au Rwanda.
Le chef du parti travailliste, Keir Starmer, a déclaré que l'annonce du Premier ministre Boris Johnson concernant les réfugiés était une tentative désespérée de détourner l'attention du pays de ses infractions à la loi et a décrit le plan controversé comme étant "irréalisable" et "exorbitant" pour les contribuables.
"Je pense que nous devons voir ces plans pour ce qu'ils sont ; il s'agit d'une annonce désespérée d'un premier ministre qui veut juste détourner l'attention de ses propres infractions à la loi. Ces plans sont inapplicables, ils sont exorbitants, ils vont coûter des milliards de livres aux contribuables et ils sont le reflet d'un Premier ministre qui n'a rien à dire, qui ne répond pas aux questions auxquelles il faut répondre et qui n'a pas honte. Je pense que le Royaume-Uni mérite mieux que cela", a déclaré Starmer.
Jeremy Corbyn, l'ancien chef du parti travailliste, a également critiqué le plan du gouvernement, qualifiant la nouvelle politique de réinstallation des réfugiés et des demandeurs d'asile au Rwanda de "honteuse et d'une cruauté sans nom". L'ancien leader travailliste a clairement indiqué qu'il fallait résister à de tels plans.
"Le projet du gouvernement d'envoyer au Rwanda des réfugiés fuyant les conflits, y compris ceux dans lesquels les Britanniques ont été impliqués, est honteux et d'une cruauté sans nom. Nous devons construire un monde de paix et de compassion. Il faut résister aux plans visant à "déplacer" ceux qui cherchent la sécurité", a déclaré Corbyn sur Twitter.
Zarah Sultana, éminente députée travailliste, a qualifié la stratégie en matière de gestion des réfugiés de "dégoûtante" qui n'est autre qu'une diversion face à la crise croissante entourant le scandale du "partygate" et le refus du Premier ministre d'assumer la responsabilité d'avoir enfreint la loi.
"C'est tout simplement dégoûtant. Les Conservateurs vont transférer de force des personnes qui viennent au Royaume-Uni pour fuir la guerre et les persécutions vers des camps de détention au Rwanda. C'est annoncé maintenant pour détourner l'attention des mensonges et des violations de la loi par le Premier ministre. Une cruauté écœurante", a déclaré Sultana.
Des militants ont également lancé des protestations contre cette nouvelle politique. Une manifestation aura lieu devant le ministère de l'Intérieur à Londres, plus tard dans la journée de jeudi, et des pétitions ont été lancées pour sensibiliser le public à cette question et persuader les députés de voter contre cette mesure lorsqu'elle sera soumise au vote du Parlement la semaine prochaine.
"Il y a urgence. Le 13 avril, le Premier ministre Boris Johnson a annoncé que son gouvernement avait signé un accord avec le Rwanda pour y construire des camps de détention offshore, où il enfermera les demandeurs d'asile", indique une campagne d'ActionStorm.
"Le gouvernement rwandais a un bilan inquiétant en matière de répression et de violations des droits humains. La police rwandaise a tiré sur des réfugiés qui protestaient contre les mauvaises conditions de vie dans les camps. Dans les centres de détention rwandais, des personnes - y compris des femmes et des enfants - ont été enfermées dans des cellules sales et surpeuplées, et battues par les gardes", ajoute l'organisation.
Jeudi, le Premier ministre Boris Johnson a annoncé que des milliers de demandeurs d'asile et de réfugiés qui tentent d'entrer au Royaume-Uni seront envoyés au Rwanda en vue d'un éventuel réexamen de leur demande, dans le but, selon lui, de reprendre le contrôle des frontières britanniques et de mettre un terme au trafic illégal de personnes à travers la Manche.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj