Abdullah Aşıran,Ayşe Betül Gedikoğlu
10 Juillet 2018•Mise à jour: 10 Juillet 2018
AA - La Haye
"Ceux qui usent des armes chimiques doivent rendre des comptes devant la justice. Ce qui implique qu'ils doivent d’abord être identifiés", a déclaré Ahmet Uzumcu, le directeur général de l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).
Lors d’un entretien accordé à l’agence Anadolu, Uzumcu s’est exprimé au sujet du renforcement des pouvoirs de l’OIAC et de son mandat en tant que directeur général.
Il a d’abord rappelé que lors de la 4è réunion d'urgence des Etats membres, une nouvelle résolution proposée par 22 pays sous l’initiative du Royaume-Uni, visant à "identifier les responsables en cas de l'usage des armes chimiques" a été approuvée.
"Il s’agit d’une nouvelle mission très difficile. Pour la réussir, l’organisation doit se munir de nouvelles capacités. Je suis certain qu’elle en sera capable et qu’elle répondra aux demandes",a-t-il dit.
Uzumcu a insisté: "Ceux qui usent des armes chimiques doivent rendre des comptes devant la justice. Pour cela, ils doivent d’abord être identifiés."
La nouvelle résolution implique que le directeur général de l’OIAC mettent en place les régulations adaptées qui s’en suit.
"Je vais les commencer, mon successeur prendra la relève et poursuivra les travaux. Je pense que d’ici quelques mois, un nouveau mécanisme sera mis en route", a-t-il dit.
Cette nouvelle résolution comprend notamment les faits qui n’ont pas été traités par le le Joint Investigative Mechanism [JIM] mis en place par le Conseil de Sécurité des Nations-Unis.
"Le mécanisme mis en place par le Conseil de Sécurité avait mené une enquête concernant l’attaque à l’arme chimique de Han Sheyhoun (Syrie) et avait déterminé que le gouvernement syrien en était responsable, donc il n’est plus nécessaire de travailler dessus. Cependant, la Mission d'établissement des faits lié à OIAC [FFM ] a analysé quatre autres faits et a déterminé l’utilisation d’armes chimiques. Nous allons d’abord nous concentrer sur celles-ci", a-t-il expliqué.
Revenant sur son expérience professionnelle au sein de l’organisation, Uzumcu a rappelé qu’il a été désigné directeur général de l’OIAC huit ans auparavant. A cette époque, l’organisation s’était focalisée à neutraliser les stocks d’armes chimiques.
"Nous avons enregistré d’importantes avancées à ce sujet. Aujourd’hui, 96% des stocks ont été éliminés. Cependant, il y des interrogations concernant les futurs travaux de l’organisation une fois la neutralisation total des stocks", a-t-il déclaré.
Uzumcu explique avoir mené de nouveaux travaux pour le passage à une nouvelle période au sein de l’organisation.
"Nous avons réussi à prendre des mesures concernant le terrorisme chimique. Nous avons mis en place de nouvelles équipes et développé nos capacités de laboratoire. Actuellement, nous travaillons sur la construction d’un nouveau laboratoire. Nous espérons commencer sa construction avant que je quitte mon poste", a-t-il annoncé.
A l’occasion de la réunion annuelle des Etat membres de l’OIAC, l’ambassadeur d’Espagne pour la Haye, Fernando Arias, avait été désigné prochain Directeur général de l’Organisation.
Il prendra ses fonctions le 25 juillet courant pour une durée de 4 ans.