Elena Teslova,Hafawa Rebhi
23 Janvier 2019•Mise à jour: 23 Janvier 2019
AA - Moscou - Elena Teslova
La Turquie et la Russie sont convenues de travailler sur des mesures supplémentaires pour mettre en œuvre l'accord sur Idleb qu'elles ont signé, a déclaré mercredi le président russe, Vladimir Poutine.
En septembre dernier, à la suite d'une réunion entre le président turc, Recep Tayyip Erdogan et Poutine, les deux parties sont convenues de créer une zone démilitarisée à Idleb, dans le nord de la Syrie.
En vertu de l'accord, les groupes d'opposition d'Idleb doivent rester dans les zones où ils se trouvent déjà, tandis que la Russie et la Turquie effectuent des patrouilles conjointes dans la région pour empêcher la reprise des combats.
S'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue turc, Poutine a déclaré que les réunions régulières entre les deux pays donnaient "des résultats positifs".
Il a également salué le processus d'Astana dans lequel la Russie et la Turquie collaborent avec l'Iran. Selon Poutine, ce processus d'Astana est le "plus efficace" en ce qui concerne le règlement syrien.
Poutine a d'ailleurs déclaré qu'un autre sommet trilatéral sur la Syrie entre Moscou, Ankara et Téhéran se tiendra "bientôt en Russie".
"M. le président [Erdogan] et moi sommes déjà convenus d'une date approximative et nous devrons nous coordonner avec nos partenaires iraniens [à cet égard]", a-t-il précisé.
- Comité constitutionnel syrien
Commentant les perspectives du processus politique syrien, Poutine a déclaré que la Russie et la Turquie étaient en position de trouver une solution à la crise syrienne par des moyens politiques et diplomatiques.
Il a déploré que l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni aient tenté d'influencer la décision du secrétaire général des Nations unies (ONU) concernant la création du Comité constitutionnel syrien.
Paris, Berlin et Londres, a assuré Poutine, ont envoyé une lettre à Antonio Guterres, le Secrétaire général de l'ONU, dans laquelle ils lui demandent de dire à son envoyé spécial en Syrie, Staffan de Mistura, de ne pas approuver la liste des candidats au comité présentée par la Russie, la Turquie et l’Iran.
"Permettez-moi de vous rappeler que les diplomates russes et turcs, en contact étroit avec leurs collègues iraniens, ont sérieusement travaillé sur la composition de ce comité et ont rempli tous les accords conclus à Istanbul avec les parties française et allemande", a-t-il affirmé.
"Hélas, il n’a pas été possible de former un comité constitutionnel avant la fin de l’année dernière. Cependant, nos efforts ont créé une base solide et équilibrée pour un processus de règlement politique durable et viable", a-t-il ajouté.
Poutine a, par ailleurs, indiqué que la Turquie et la Russie ont prévu de travailler ensemble pour le rapatriement des réfugiés syriens et la restauration post-conflit.
Évoquant la situation en Idleb en Syrie, Poutine a déclaré: "Les amis turcs font beaucoup pour éliminer la menace terroriste qui en émane [Idleb]".
- Retrait des troupes américaines
Poutine a qualifié de "mesure positive" le retrait des troupes américaines de Syrie, affirmant que cela contribuerait à stabiliser la situation dans le pays.
Le mois dernier, le président américain, Donald Trump a annoncé de manière abrupte son intention de retirer les forces américaines de ce pays déchiré par la guerre.
Les plans de retrait ont été annoncés à la veille d'une éventuelle opération militaire turque dans le nord-est de la Syrie contre le groupe terroriste YPG/PKK.