Mohamad Misto,Selen Temizer,Adham Kako,Ayşe Betül Gedikoğlu
15 Février 2017•Mise à jour: 16 Février 2017
AA - Istanbul (Turquie)
Mohamed Sabra, négociateur en chef de la délégation de l’opposition syrienne pour les négociations de Genève, a martelé que la Russie doit jouer un rôle constructeur pour enregistrer des avancées dans le processus.
Sabra avait été élu "négociateur en chef pour les négociations de Genève", lors d’une réunion organisée par l’opposition, les 12 et 13 février dernier, dans la capitale saoudienne, Riyad.
C’est à l’Agence Anadolu (AA) que Mohamed Sabra a accordé sa première interview.
"Si les décisions prises à Genève ne sont pas respectées comme les décisions précédemment prises dans le cadre des Nations Unies, ces discussions aussi n’auront servi à rien", a-t-il lancé.
"Jusqu’alors, de nombreuses résolutions visant à soutenir la protection des droits du peuple syrien ont été prises. Mais la pression des forces internationales sur le régime d’al-Assad n’a été menée que sous une forme très passive. Nous n’avons pas vu de prise de position sérieuse quant à la défense des civils de la part de la communauté internationale. Aucune pression n’a été exercée contre le régime concernant l’application des résolutions 2118 et 2254 des Nations Unies", a-t-il dit.
Sabra a fait remarquer que la Russie fournit une protection politique au régime d’al-Assad.
"Nous espérons que la Russie en finira avec sa non-reconnaissance des résolutions des Nations Unies. Les avions de combat russes ont tué de nombreux civils en Syrie. Ces crimes sont des crimes d'une telle importance qu’ils pourraient être considérés comme des crimes de guerre", a-t-il déclaré.
"Nous encourageons la nouvelle position de la Russie. Elle obéit à la trêve en Syrie. Nous attendons que ce rôle que la Russie s’est engagée à remplir dure en se renforçant", a-t-il ajouté.
Menacé, Sabra avait été forcé à quitter la Syrie, en novembre 2012. Il vit actuellement dans la capitale du Qatar, à Doha.
Le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté, en décembre 2015, la résolution 2254 soutenant une feuille de route pour un processus de paix en Syrie. La résolution en question exige que toutes les parties en conflit observent un cessez-le-feu national en parallèle au processus de transition politique.
La résolution onusienne 2118 condamne et interdit l’utilisation d’armes chimiques par le régime d’al-Assad. Elle prévoit que le Conseil de sécurité des Nations Unies intervienne selon l’article 7 en cas de transgression dudit accord de la part du gouvernement syrien.