Palestine : Campagne de solidarité contre la crise économique à Gaza
- La campagne de solidarité lancée par un commerçant gazaoui et qui consiste à effacer les dettes des débiteurs palestiniens en difficulté, se propage dans tous les secteurs de la ville de Gaza.
Esma Ben Said
29 Janvier 2018•Mise à jour: 29 Janvier 2018
TurkeyAA – GAZA
Qualifiée de «plus grande prison à ciel ouvert au monde», la bande de Gaza, soumise à un blocus israélien depuis maintenant dix ans, est, selon un rapport publié par l'Organisation des Nations-Unies (ONU), l'endroit qui dispose des «plus mauvaises conditions de vie et économiques au monde».
C'est dans cet environnement difficile que s'est propagée la campagne de solidarité lancée par un Gazaoui, Usame Abou Dalal, et qui consiste à effacer les dettes des débiteurs gazaouis en difficulté.
Cette campagne de solidarité a débuté lorsque Abou Dalal, conscient des dimensions de la crise économique qui sévit à Gaza, a décidé de renoncer au remboursement des dettes de l'un de ses clients.
«Nous avons, plus que jamais, besoin d'amour, de bienveillance et d'une forte solidarité nationale. Nous ne pourrons survivre dans ces circonstances que si nous nous unissons et prenons soins les uns des autres», a confié Abou Dalal, heureux de constater que la campagne se propage dans l'ensemble de la ville.
- Propagation de la campagne dans les autres secteurs
La campagne s'est très vite répandue à d'autres secteurs sur l'ensemble de Gaza et de nombreux commerçants y participent désormais. Des médecins ont décidé de prodiguer gracieusement des soins, des coiffeurs offrent des séances de rasage et d'autres Gazaouis paient les dettes des débiteurs en difficulté.
Ainsi, chacun espère que cette campagne renforce la solidarité et l'amour entre les Gazaouis et permette aussi à l'économie de se redresser, ne serait-ce qu’un minimum.
Ahmed Beyyumi, fonctionnaire prenant également part dans la campagne, a partagé qu'il se charge de rembourser le crédit d’un de ses amis pour lequel il s'était porté garant.
«Je sais pertinemment que mon ami n'est pas en mesure de rembourser sa dette. C'est pourquoi je me charge désormais de payer cette dernière», a t-il indiqué.
- Des chèques sans provision
Si aucun secteur n'est resté indemne face à la crise économique qui sévit à Gaza, il apparaît que le problème majeur demeure l’émission de chèques sans provision.
En effet, de nombreux Gazaouis se voient emprisonnés à cause de ces chèques, ce qui a pour conséquence une augmentation significative du nombre de prisonniers.
Selon les données officielles obtenues, la valeur des chèques sans provision émis au dernier trimestre de l'année 2017 s'élevait à 30,3 millions de dollars, contre 15,3 millions de dollars pour la même période en 2016, soit une augmentation de 98%.